ACTUALITES

- ANNULATION : Chers Oldupiens, à la suite des directives officielles, OLD'UP A SUSPENDU TOUTES SES ACTIVITES regroupant plusieurs participants  à compter du 15 mars et avant une nouvelle information sanitaire. Un réseau de soutien entre membres s'est mis en place avec des communications par mail et téléphone. Prenez soin de vous.
 
-OLD'UP propose à chacun et chacune de rédiger quelques lignes de réponse à 2 questions. 
Pour en savoir plus  : https://www.oldup.fr/atelier/nos-actualites/969
 
- A lire et ecouter https://www.oldup.fr/atelier/nos-actualites/935
 

 

Paroles de... OLD'UP confinés

Vous pouvez lire les témoignages ci-dessous en déroulant le texte ou en ouvrant (et imprimant si vous le souhaitez) chaque texte en bas de page en PDF. Bonne lecture !
 
Pour communiquer entre vous... il y a l'espace membres du site
ET Whatsapp https://www.oldup.fr/atelier/actions-de-terrain/907    Vous trouverez dans cet espace PAGE NOS ACTUALITES des informations sut la Téléconsultation.

 
PAROLES de ... OLD'UP confinés

>>> Parce que nos regroupements sont suspendus, inventons de nouveaux liens de communication.

Ci-dessous les messages de plusieurs responsables de l'association OLD'UP : "Paroles des membres de OLD'UP confinés"
 
>> Philippe G. : « La peste est déclarée » (Albert Camus) avec ce contraste : « L’isolement est décidé par le préfet d’Oran » lors même que « le printemps arrive sur les marchés ; les roses dans les corbeilles des marchands ; les populations dans les tramways et cafés surchargés ».
Souffrir assurément mais aussi contempler, rêver, lire, écouter, échanger, s’ouvrir… autant de moments de la vie que nous avons l’occasion de qualifier d’intérieure plutôt que de penser à un confinement. Ce pourrait être un message. ( du Président de OLD'UP).
 
>> Martine G. A. Cadeau d'un soir de confinement.... Et un sourire / La nuit n’est jamais complète / Il y a toujours puisque je le dis / Puisque je l’affirme / Au bout du chagrin, une fenêtre ouverte / Une fenêtre éclairée / Il y a toujours un rêve qui veille / Désir à combler  faim à satisfaire / Un cœur généreux / Une main tendue une main ouverte / Des yeux attentifs / Une vie  la vie à se partager. Paul ELUARD
 
>>  Nancy LP :  "Montrer que tous impliqués dans ce confinement parfois solitaire, nous pensons tous à tous. Que l’on soit en difficulté ou pas,  il ne faut pas hésiter à s’appeler, s’envoyer des messages pour donner des nouvelles , questionner, faire circuler des idées, des messages plaisants ou drôles…-en essayant d’éviter les fausses nouvelles qui circulent aussi beaucoup, mais nous pouvons nous en informer lorsque nous le savons-"

>> Françoise S. :  Chers amis. Nous vivons une période historique, très pénible pour certains face au danger qui nous menace,quelques soient les précautions préconisées et suivies. Notre participation à OLD'UP trouve dans ces circonstances de nouvelles raisons d’exprimer notre solidarité et d’exprimer peut être différemment les liens que nous avons créés  entre nous.

Les responsables de groupe ont été invités à réunir une chaine d’affection, de sympathie et empathie.

Je suis à votre disposition pour parler au téléphone, échanger par mail, mais aussi pour transmettre vos propositions, vos suggestions d’échange. Par exemple, le titre d’un livre que vous recommandez particulièrement, une émission de radio ou de télévision qui apporterait un nouveau regard sur ce que nous vivons, des réflexions qui pourraient servir de base à une étude sur le future de nos sociétés. Que sais-je? A nous tous de faire vivre Old’UP et transmettre autour de nous une émotion active.
 
>> Marie-Claire C. a apprécié de message de Mustapha Dahleb. L’humanité effondrée et la société ébranlée par un petit machin.   (Moustapha Dahleb est le nom d’auteur du Docteur Hassan Mahamat Idriss). Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment. Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen, … ce petit machin l’a obtenu (Cessez-le-feu, trêve…). Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak à pris fin). Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales. ..). Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..). Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…). Pour lire la suite, vous pouvez télécharger ce texte en PDF en bas de cette page.
 
>> Marie-Paule D. : "Pensons à la solidarité entre voisins. Pour les plus agés, rappelons combien il est utile d'oser demander de l'aide ou un service sans attendre un tel qui ne vient pas ou qu'on frappe à votre porte".
> une INFO UTILE : Franprix (0 805 620 370 et Monoprix (0 800 05 8000)  proposent la livraison gratuite d'un panier de base à 30 € 'alimentation et produits d'hygiène et d'entretien.

>> Moïra : "J’aime beaucoup ce qu’une amie aux États Unis suggère :  Au lieu de parler de la nécessité de garder la distance sociale, parlons plutôt de garder la distance physique. Et, avec la chaine solidaire que nous construisons, nous assurerons une proximité sociale quoique virtuelle".
 
>> Monique G. : "Sur la route…du confinement. Mon mari et moi sommes à Vannes, poussés par les vents d’est et...nos enfants. Le parcours a été pleins de surprises : une panne de voiture à Alaire et une serrure bloquée à Vannes, d’où nuit à l’hôtel et appel à un serrurier à 1h30 qui est venu le lendemain matin. C’était le 16 mars.
Je vous raconte cela car à Alaire, nous avons été aidés par deux jeunes femmes à la vie très cabossée comme celles de la Sauvegarde. Des personnes qui connaissent la vie et qui nous ont répété qu’elles ne nous quitteraient pas avant que nous ne soyons pris en charge par un taxi...ainsi durant deux heures, au froid, la nuit nous avons fait une belle rencontre avec Aurélie (enceinte de son troisième enfant, les deux ainées étant “placées », elle-même travaillant dans un chantier “ d’insertion” : “culture et patrimoine” et Olivia, mère d’un enfant de 7 ans, travaillant au Mac Do d’Auray, récemment célibataire après une période en couple avec une amie. “Je n’ai que mon fils, ma mère est partie voici 4 ans, et je me reconstruit à Auray”. “On ne laisse jamais tomber des gens qui sont dans la galère, surtout que vous êtes des “anciens”...
Elles ont poussé la voiture pour qu’elle soit mieux garée, ont déchargé les valises, etc.
Comme de juste, je n‘avais plus de batterie, elles ont appelé le dépannage, et sont allées recharger mon portable chez elles “et si ton mec t’engueule, dit Olivia à Aurélie sa cousine, reviens vite avec nous...”
Elle riaient de voir Jacques s’impatienter “Ah, ça, c’est bien l’homme...”mais elles l’ont accompagné bras dessus bras dessous jusqu’à un banc.
De telles rencontres sont magnifiques et je souhaite à tous ceux qui sont en première ligne d’avoir cette chance de connaitre le réconfort qui fait chaud au cœur. Vous pouvez télécharger ce texte en PDF en bas de cette page.
 
>> Lu par BCA  « Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre. Soudain, Disney n'a plus de magie, Paris n'est plus romantique, New York ne reste plus debout, le mur chinois n'est plus une forteresse, et la Mecque est vidée. Les câlins et les bisous deviennent soudainement des armes et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d'amour.  Soudain, vous avez réalisé que le pouvoir, la beauté, l'argent ne valaient rien et ne pouvaient pas vous procurer l'oxygène pour lequel vous vous battiez. Le Monde continue sa vie et il est magnifique ; il ne met en cage que les humains. Je pense qu'il nous envoie un message : "Vous n'êtes pas indispensables. L'air, la terre, l'eau et le ciel sans vous vont bien. Et même mieux. Quand vous reviendrez, rappelez-vous que vous êtes mes invités... Pas mes maîtres." À mediter ... »

 

Voici des liens pour visionner et télécharger des témoignages :
Vous pouvez cliquer pour voir les vidéos (en utilisant le mot de passe nancy ou copier le lien hors site.

Le temps qui passe : 
http://vimeo.com/130974428
 (mot de passe: nancy)  Vous pouvez vous inscrire sur VIMEO pour visionner.
Le temps qui passe (nouveau montage) : 
http://vimeo.com/139191647
 (mot de passe: nancy)
Octoplus :
http://vimeo.com/127617772
(réalisation Frames Production - framesproduction.com)
 
 
BILLETS D'HUMEUR
Si vous avez envie d'en lire plus... il y a aussi les billets d'humeur rédigés par des membres de OLD'UP dans la page NOS ACTUALITES (cliquer sur ce lien) et les témoignages sur les groupes de parole dans la page NOS GROUPES (cliquer sur ce lien)
Suzy M. écrit en 2020 et en 2019 à propos de sa participation au groupe MEDECIN / MALADE :
>>> 2020  Aux 2 animatrices du groupe : Vous ne pouvez pas savoir toutes les deux à quel point je vous suis reconnaissante de votre accompagnement éducatif-santé  à Old'Up qui m'a permis de comprendre que j'étais responsable de ma santé; je viens de retrouver une de mes ordonnances régulières de décembre 2017: il y avait 8 lignes, je prenais 8 médicaments différents et je compare avec la dernière prescription de mon jeune médecin traitant: la dernière de 2020 où je ne prends plus qu'un seul médicament dont le dosage a été fortement diminué.Je le ressens comme une victoire sur mon corps qui se porte mieux à tout point de vue.Je ne suis pas la seule,dans ce cas, les échanges sympathiques que nous avons les unes les autres me le confirment. Votre pédagogie respectueuse de notre âge et de nos lacunes est particulièrement utile et efficace. Mille mercis!
>>> 2019 "Chère Marie Claire et chère Monique, Lorsque vous nous avez demandé à la fin de la séance, comment nous avions vécu cette année dans cet atelier, les souvenirs sont arrivés pêle-mêle dans ma tête : 3 intervenants exceptionnels sur la gériatrie, le cancer et la fin de vie, les informations de 1ère main, la manière de décrire ses symptômes auprès d'un médecin, un C.R de colloque instructif, et puis tous ces échanges si riches entre les participants qui sont suivis de bons conseils; je n'ai pas eu le temps de mettre de l'ordre dans ma tête et de vous dire à quel point nous apprécions votre patience et votre conviction à nous aider à prendre notre santé en mains. Mille fois merci à toutes les deux."

>>> Paule G. écrit : Rester dans le mouvement…  Au commencement, on y vient juste pour voir. C’est quoi exactement ce OLD’UP ? Encore un truc pour occuper les vieillards que nous sommes ou que nous allons devenir ? On va y trouver un atelier bridge, un atelier scrabble, un atelier macramé ou peinture sur soie peut-être ?...
Et puis…stupeur ! Sous ces accueillantes têtes blanches, on trouve des neurones qui carburent. Cela commence à devenir intéressant. En fait, on y venait surtout pour rencontrer d’autres vieux, pour rompre une solitude de plus en plus évidente, pour rester dans le mouvement, en somme. Et voilà que des ateliers divers nous proposent de réfléchir sur le temps, la mort, la relation aux autres, le couple, les grands enfants partis, mariés et revenus avec des petits et même pour les plus âgés des petits de petits…
Un atelier pour les « Octos + », un autre pour les septuagénaires. Pourquoi ? Parce qu’à soixante-dix ans, on appréhende pas du tout le vieillesse comme à quatre-vingts ans. Il ne faut pas tout mélanger. Un atelier nous fait plancher sur le « sens de la vie ». Un autre nous initie à la méditation. Un énième propose de lire et commenter ce qui sort de meilleur en librairie. Et pour ceux qui n’aiment pas trop l’introspection un atelier « Europe », un autre « actualités culturelles » permet de rester dans le mouvement de la vie. « Mais, c’est trop ! », diront ceux qui, découvrant le programme, se sentent déjà très fatigués. Erreur ! D’abord on ne va pas à tous les ateliers, on choisit selon ses goûts et le temps dont on dispose. Ensuite et c’est là le qu’OLD’UP est surprenant, cette joyeuse vitalité que l’on y trouve nous fait, au cours du temps, oublier de plus en plus la solitude et nos petites misères habituelles.
C’est probablement le miracle d’OLD’UP, personne n’y parle de ses bobos, de sa dernière visite chez le médecin et de ses mauvaises jambes. Ils finiront par avoir des ailes, les participants. Tout simplement parce que la réflexion, l’introspection les font sortir d’eux mêmes. L’esprit, en constant questionnement, allège le corps au lieu de l’alourdir. Ne pas s’y tromper : OLD’UP n’est pas là pour nous « occuper la tête » avec des solutions ou théories toutes faites. Nous sommes invités à créer nous mêmes notre espace, notre propre temps, personne ne réfléchit pour nous, c’est nous qui évoluons tranquillement, rencontre après rencontre vers un « être soi-même » en communication constante avec d’autres. Les neurologues conseillent les mots croisés pour entretenir nos neurones, OLD’UP propose les « ressentis croisés », où la tête n’est pas seule requise mais aussi le cœur.
Ici à OLD’UP, nous ne rencontrons pas des morts en sursis mais des vivants, bien présents qui se débrouillent, malgré leurs gros ou petits handicaps pour que la vie soit devant et pas derrière – nous ne sommes pas des « has been » à distraire mais des sujets bien vivants qui sont bien loin d’avoir dit leur dernier mot. « A nous deux, la vieillesse ! » Pas question de la refuser, ce serait une grave erreur d’aiguillage de vouloir jouer les prolongations, mais inventons une nouvelle vieillesse, plus gaie, plus ouverte, amicale et intelligente. Notre génération commence à fabriquer de plus en plus de centenaires. C’est le moment de revoir l’image que l’on a des vieux, que les actifs remplissent leur tâche « d’Homo Economicus » et que les vieux remplissent la leur d’ « Homo Humanicus ». Sur notre tombe seulement, nos descendants auront le droit de nous nommer « has been ». Avant, c’est interdit !
C’est un vrai bonheur de voir un ou une arrivante ne pas desserrer les dents pendant un bon trimestre et puis, soudain, se réchauffer, oser exprimer son ressenti dans une joyeuse convivialité. « Moi, disait un jour une participante, je n’ai plus jamais de déprime depuis que je viens à OLD’UP. Je trouve ici tout ce qu’il faut pour surmonter la solitude, la perte des amis de mon âge. Et tout ce qu’il faut pour alimenter ma réflexion. » Si l’on demandait aux participants pourquoi ça marche si bien ici, il y a de bonnes chances qu’ils répondent qu’à OLD’UP, ils sont traités comme des sujets en chemin et non comme des objets à distraire. C’est le challenge que s’était donné les fondateurs. Pari gagné OLD’UP !
Et puis … et puis, nous sommes sensés n’avoir aucun avenir, nous sommes sensés vivre en sursis jusqu’à la mort. Et voilà que cette morne hypothèse s’estompe avec le temps et fait place à une envie de vivre le plus pleinement possible. Il nous reste peu de temps ? Raison de plus pour commencer tout de suite à vivre.
 
>>> Béatrice Valentin partage ses rencontres intergénérationnelles OLD'UP et élèves de classes primaires. "Ils ont beaucoup apprécié la visite des ateliers où se fabriquent les tenues des avocats et la Cour des Shadoks. J’ai été frappée par leur attention. Certains avaient déjà vu ces passages avec leurs parents. Ce qui leur a le plus plu, ce fut la gourmandise qui leur a été offerte ! 
Ce qui me plait toujours dans ces moments, c’est la communication entre eux et nous : facile et sincère!"

Les compte-rendus des actions sont à lire dans le carré "Rencontres intergénérationnelles" rubrique ACTIONS DE TERRAIN.
 
>>> Andrée Coconnier écrit : Vieillir est une aventure. Comment s’adapter et rester en adéquation avec son époque et avec soi-même alors que tout va plus vite et qu’en vieillissant on devient plus lent et plus fragile. Quel défi! La vie - incluant la vieillesse - est une aventure avec sa charge d’inconnu. Nous avançons en âge avec nos représentations mentales du vieillissement qui influent, consciemment ou inconsciemment, sur nos comportements. Se représenter l’avancée en âge comme une aventure change radicalement notre posture. C’est le refus de la passivité, c’est prendre en mains ce ‘temps de vie’, se fixer un cap ou des caps successifs et mettre en route des projets, en fonction de notre condition physique et mentale et de notre situation sociale. C’est être et agir suivant nos besoins et désirs, nos capacités et nos intérêts. On s’aperçoit qu’il reste toujours une part d’inconnu à découvrir à l’intérieur de nous-mêmes, promesse de renouvellement stimulante. Ce qui me semble essentiel, c’est une attitude d’ouverture, d’accueil, c’est s’attendre à l’inattendu avec toutes ses incertitudes. Laissons de côté les représentations stéréotypées d’une vieillesse figée, associée au déclin. Approchons la vieillesse avec l’esprit d’aventure, à notre rythme, selon les fluctuations de notre énergie, avec des pauses pour nous ressourcer. Cette constante évolution, appuyée sur notre passé, nourrie par notre curiosité, conjuguant réflexion et action, fait naître des projets. On se cherche, on se remet en cause, on est alors ‘dans le mouvement’ à l’intérieur même de soi, par le remodelage de sa personnalité. Rester dans le mouvement, c’est aussi bien se former que transmettre, saisir des opportunités et prendre des initiatives, découvrir des centres d’intérêts (sociaux, culturels, artistiques), chercher à comprendre comment la société fonctionne, apprendre à vivre comme habitants de la planète Terre, conscients de l’unité et de la diversité de l’espèce humaine… Champs d’exploration sans limites! C’est satisfaire une appétence de connaissances, de créativité, innover, c’est aussi savourer ‘le sel de la vie’ au jour le jour. Ce lien entre appétence et plaisir n’est-il pas une déclinaison adoucie, plus adaptée aux personnes âgées, de la problématique désir-plaisir? Evitons l’isolement, repoussons tout égocentrisme réducteur et diversifions notre vie sociale au gré des circonstances. C’est dans la mesure où nous ne sommes pas seulement riches de nos expériences passées, mais aussi des êtres toujours en devenir, que nous pouvons partager et échanger avec les autres, des proches et de nouvelles relations d’ âges et d’horizons différents - une manière de rester dans le mouvement par une attitude d’écoute et d’ouverture. Nous sommes les artisans de notre vie, tout en étant façonnés par la vie qui s’écoule, tel un long fleuve continu avec bifurcations et rebondissements. Certes toute aventure a ses phases difficiles, on peut les affronter avec courage et stoïcisme, s’efforcer de prendre du recul et de relativiser en toutes situations. Quels que soient les aléas de l’existence, nous pouvons nous forger une vision nouvelle du vieillissement, libres de poursuivre notre quête sur les voies choisies, avec approfondissement de nous-mêmes au fur et à mesure de cette quête. Il nous revient toujours d’entretenir et cultiver l’appétence de nouveauté et l’aptitude au plaisir. Outre la valeur humaine de ces expériences on aura la satisfaction de repousser nos limites, de donner un sens au monde et à notre présence, et de jouir de la vie jusqu’à la fin de l’aventure.

>>> Marie Geoffroy écrit :  Il y a un temps pour tout … « Il y a un temps pour tout et un moment pour chaque chose… », dit l’Ecclésiaste signifiant ainsi à l’homme qui veut accéder à la sagesse qu’il lui faut, avant tout, adapter ses activités à l’âge qui est les sien, donc exclure certaines d’entre elles quand il est trop jeune et reconnaitre, à un autre moment, qu’il est de venu trop vieux pour d’autres. Les occupations appropriées aux étapes de la jeunesse et la maturité sont clairement identifiées, formation pour la première, éducation des enfants et vie professionnelle, pour l’autre. L’emploi du temps bien chargé du jeune retraité se partageant entre les petits enfants, les voyages, les loisirs et les actions d’utilité sociale est également bien connu. Mais quelles sont les activités convenant aux septua , octo ou nonagénaires avant que n’arrive éventuellement la dépendance ? Comment réagit-on lorsque l’on devient un peu moins alerte, que les voyages lointains, le bénévolat intensif sont plus difficiles et que les petits enfants, devenus ados ou jeunes, se sont un peu éloignés ? Pour quelles activités les personnes concernées se considèrent-elles trop vieilles ou encore trop jeunes ? Qu’est-ce qui est pleinement de leur âge ?..... C’est à ces quelques questions assez novatrices qu’a cherché à répondre le petit sondage réalisé par Old Up , à partir de trois énoncés simples à compléter : je suis trop vieux pour / je suis trop jeune pour/enfin, je suis au bon âge pour… Je suis trop vieux pour …… Cette phrase exprime l’idée du renoncement à certaines pratiques qui tenaient une place importante dans nos vies jusque-là ; cet abandon a des origines tant personnelles que sociales et peut être imposé ou volontaire. Sur le plan personnel, le corps constitue le plus grand frein et impose ces abandons. Même si l’envie de faire est toujours là, » les articulations, elles, ne suivent plus ». Nos limites sont aussi intellectuelles, notre esprit est moins vif, la mémoire un peu défaillante et nous avons plus de difficultés devant les nouveaux apprentissages pourtant si indispensables aujourd’hui. On remarque également qu’il nous est difficile d’accumuler plusieurs activités dans une même journée et parfois, nous faisons preuve d’une certaine rigidité » j’ai passé l’âge de me faire commander ou recevoir des conseils » … L’avance en âge rétrécit aussi notre horizon qu’il soit temporel, spatial, ou relationnel. Si nous n’hésitons pas à marcher ou à jardiner, le temps qu’on y consacre est moins long. Nous restreignons les lointains voyages et les longs déplacements en avion. Nous évitons désormais les sorties et réceptions de soirée. Sur le plan relationnel, notre cercle est devenu plus étroit et des facteurs, tels un certain degré de surdité ou une moindre résistance au bruit et à l’agitation, entravent le plaisir des rencontres avec des parents, amis et jeunes enfants. Au-delà de ces facteurs sur lesquels nous avons peu de prise, nos propres décisions vont également engendrer des renoncements. C’est le cas, en particulier, quand nous cessons volontairement d’exercer certaines responsabilités, que ce soit dans la famille, dans une association ou une institution parce que nous estimons qu’il est temps de » passer la main ». D’autres limites nous sont extérieures. A ce niveau, ce n’est pas parce que nous sommes physiquement et mentalement trop vieux que certaines activités ou certains projets nous sont fermés mais parce que, socialement, nous sommes jugés trop âgés. Le refus des banques d’accorder des crédits au-delà d’un certain âge et la décision des assurances d’introduire ces mêmes critères d’âge dans le degré de couverture des risques sont, en la matière, exemplaires. On n’oubliera pas non plus d’évoquer le débat récurrent sur la conduite automobile. Ceux qui sont partisans d’imposer une limite d’âge ont, une vision figée des capacités et possibilités associées à l’âge et mésestiment notre sens des responsabilités mais de plus, ne mesurent pas les entraves à la liberté d’aller et venir que cette mesure entrainera. N’oublions pas non plus de rappeler le retard pris pour mettre en œuvre l’accessibilité des bâtiments et des transports qui nous renvoient, de fait, dans le camp des trop vieux pour…... Reste à évoquer un dernier domaine à la frontière de l’auto-limite et de la contrainte sociale : celui de l’amour et de la sexualité. Le corps, là encore peut certes être un obstacle et nous amener à conclure que ce n’est plus pour nous. Mais, le regard porté par la société, voire notre environnement proche, ne nous encourage pas. L’image que c’est choquant à notre âge est largement dominante dans la société et fonctionne comme une censure. Je suis trop jeune pour……. Il existe un consensus général pour considérer que les vieux d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux d’hier et l’on s’émerveille régulièrement devant les exploits de certains nonagénaires, voire centenaires. Mais, de là à considérer que des personnes avoisinant ou dépassant les 80 ans, puissent être trop jeunes pour quoique ce soit peut paraitre incongru aux yeux des générations plus jeunes. Et pourtant, la majorité de la population Old Up le pense. …. L’analyse de leurs réponses fait apparaitre que si, précédemment, l’idée forte était celle du renoncement, celle du rejet domine ici principalement de la mort, tant physique que sociale, et du vieillissement morose. Rejet de la mort physique et des différentes formes de mort sociale La prolongation fabuleuse de l’espérance de vie sans incapacité nous autorise un avenir et nous permet de projeter une » vraie vie » au moins à moyen terme. Pour ce qui est des autres formes de mort, nous sommes bien trop jeunes pour aller nous enfermer et terminer notre vie confinés en EHPAD. Mais nous savons très bien que la mort sociale ne se résume pas à la maison de retraite et existe à domicile où elle côtoie l’agitation et la vie des centres ville. Nous considérons être trop jeunes, en tout cas pas assez vieux, pour un mode de vie se caractérisant par le retrait, le repli, l’isolement, l’exclusion, l’inactivité, un quotidien dans lequel la télévision représente notre occupation majeure et ce, en pesant trop lourdement sur notre entourage. Nous sommes trop jeunes pour adopter les attitudes que l’on prête aux vieux. A savoir mettre en avant en permanence son grand âge pour attirer l’attention, étaler nos difficultés physiques et mentales et notre mélancolie qui sont autant de repoussoirs pour notre environnement nous conduisant inévitablement à la dépendance. Nous sommes aussi trop jeunes pour arrêter d’être actif. Nous essayons autant que possible de poursuivre nos activités anciennes, sinon cherchons et trouvons des substituts : sport intensif remplacé par une marche à rythme plus lent, voyages changés en séjours plus proches. Les prenantes responsabilités sociétales, politiques ou associatives peuvent aussi être confiées à d’autres, ce qui ne nous empêche pas de poursuivre nos engagements sous une forme plus douce et moins agitée Et toujours maintenir notre lien social. Il suffit dans tous les cas de faire preuve d’imagination et d’inventivité Nous sommes trop jeunes pour nous arrêter d’évoluer, progresser, élargir nos connaissances, et. Le refus de la passivité physique en maison de retraite ou à domicile s’accompagne du rejet de la passivité mentale et intellectuelle. Nous rejetons toute idée de stagnation et ne voulons pas renoncer à travailler sur nousmêmes, progresser et rechercher notre amélioration en tout domaine. Y compris notre aspect physique, que nous voulons conserver soigné en n’excluant pas une dose de coquetterie….. Tous ces éléments sont autant d’attitudes caractéristiques de la jeunesse. Pour quoi alors ai-je le bon âge ? Principalement pour continuer, profiter et bien vivre. Continuer tant qu’il est possible les activités antérieures qui nous font du bien quelle qu’en soit la nature- bridge, jardinage, marche cinéma….mais aussi vie associative qui nous permet d’appartenir à des groupes, participer à des réunions rythmant notre emploi du temps et procurent toutes sortes d’enrichissements et découvertes. Old up, en particulier, offre cette possibilité de rencontres de gens de notre génération tout en nous ouvrant constamment à l’intergénérationnel. Bien vivre et prendre plaisir Nous voulons profiter au maximum de ce temps entre deux, après la première phase de retraite et avant la grande vieillesse, qui nous est laissé. Jouir pleinement de la liberté en faisant ce qui nous plait, luxe dont, nous le mesurons pleinement les autres générations ne bénéficient pas. Prendre plaisir, rire, admirer, contempler, écouter, sentir, savourer, apprécier ces choses simples qui nous paraissaient mineures il y a peu « vivre et découvrir le merveilleux du quotidien que je n’ai pas pris le temps de regarder depuis 80 ans ». Maintenir, renforcer nos liens sociaux et en créer de nouveaux D’abord dans la famille, le temps passe vite et nous ressentons la nécessité de de nous rapprocher des nôtres, le conjoint d’abord quand il y en a un, les enfants en tentant de mieux les comprendre sans trop juger, jouir des petits enfants aux comportements parfois surprenants, et voir grandir nos arrières petits-enfants, même s’ils sont plus lointains. Conserver un contact étroit avec nos relations privilégiées, nous inscrire dans des réseaux, faire de nouvelles rencontres inattendues avec des personnes de plusieurs générations, chance qui n’a pas été donnée à nos parents et grands-parents. . Enfin, nous avons l’âge d’être vieux Même si nous avons le sentiment de ne pas avoir changés ni menacés dans l’immédiat, est venu le temps de penser en vieux responsables, ranger nos papiers anciens, jeter, trier, donner, vendre, préparer, organiser, prévoir les difficultés qui pourraient survenir et qu’on ne veut pas laisser peser sur les autres. Etre vieux c’est aussi accepter d’être aidés, suppléés, accepter nos faiblesses, trouver une nouvelle place dans la famille, et la société. Au terme de cette analyse, on mesure la richesse du contenu des réponses et les perspectives qu’elles ouvrent au vieillissement actif. Acceptation des limites et du renoncement, volonté de continuer tant qu’il est possible, maintenir le plus longtemps une vie sociale, progresser, prendre du plaisir avec raison et sans égocentrisme, structurent incontestablement des modèles de vie heureux. Ce sont autant des moyens de prévention contre la dépendance. Bien sûr, tous les vieux, loin s’en faut, ne sont pas sur ce modèle Old Up mais ce que l’on peut souhaiter c’est que le plus grand nombre d’entre eux puisse en faire leur norme de vie.

Cliquez sans hésiter, sur une de ces références pour en savoir plus…