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Plus d'informations : ici

> A voir ou revoir : Conférence de Nathalie DOUAY dans le cadre de l'UVDT (cycle de conférences dédiées à Notre Dame) :
Histoire des arts modernes et contemporains : Notre-Dame, muse inspiratrice des peintre. Plus d'informations ici

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Des billets de... bonne humeur, d'avenir, humeur poétique, zoologique, réflexive, verte, joyeuse, vagabonde, légère, grave, philo, contemplative, chagrin, gilets jaunes...et billet d'une jeune fille.
 
> juin 2019 : billet d'humeur féministe de Claude Caillart et Paule Giron.
Envoyé par Claude Caillart à Paule Giron, ce joli texte de Myriam Beaugendre prélevé dans “Les sept nuits de la Reine“ de Christiane Singer. (Fin de citations !) : « J’ai compris que nous ne pouvons affronter le jour que lorsque nous avons la nuit en nous. Pourquoi sept nuits, me demanderez-vous ? Parce que Dieu a créé le monde en sept jours et qu’il a donné aux femmes la garde des nuits. Il faut en comprendre la raison : les nuits sont trop immenses, trop redoutables pour les hommes. Non que les femmes soient plus courageuses ; elles sont simplement plus à même de bercer sans se poser de questions, ce que la nuit leur donne à bercer : l’inconnaissable »
 
> juin 2019 : billet d'humeur espiègle de Claude Caillart. Un espiègle respect, porté à Michel SERRES, me pousse à l’irrespect :J’avais déjà relevé la même assertion , qui m’avait poussé naguère à écrire à son éditeur. Aucune réponse.
Dans le  récent numéro hors série de Philosophie Magazine , notre philosophe persiste : Athéna serait sortie armée et casquée de la cuisse de Zeus. Horresco referens :  Athéna est sortie de la tête de Zeus, fille de Métis, sauf erreur. De la cuisse est sorti Dyonisos, dieu de la vigne, du vin, et de la démesure. La tête ou la cuisse ? Où est la vérité ? D’où sort-elle ? Qui nous la dira ? L’Académie Française, ou celle des lecteurs ?
 
> juin 2019 : billet d'humeur philosophique de Paule Giron :
« Philosopher c’est faire du bien à l’intelligence. En conséquence, c’est faire reculer la stupidité ».
C’est Bertrand Vergely qui nous le dit, dans  un livre percutant : « Notre vie a un sens » (Albin Michel).
On le dit volontiers théologien, il s’en défend : « Je ne suis qu’un artisan philosophe auquel la question de Dieu n’est pas indifférente ». Et d’ailleurs, il prévient : « Attention, dit-il, l’idée de Dieu pourrait ne pas être stupide ! ». Après avoir tourné autour du pot pour dire « Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit », il annonce la couleur : « Il faut sortir du Dieu moral pour retrouver le Dieu vivant » dit-il en citant Nietsche. Partant de cette « hypothèse », il confirme que notre vie a bien un sens et pas n’importe lequel. La notion de transcendance est remise au centre de l’humain, lequel retrouve le souffle qu’on lui avait squeezé dans une vision matérialiste et horizontale moderniste. Bien calés dans un fauteuil confortable, nous voyageons avec l’auteur et tous les penseurs qui nous ont fabriqué le « cul de sac » dans lequel le sens de la vie s’est retrouvé coincé. Passionnant. Intelligent. Facile à lire à condition de s’octroyer des pauses. Digestion entre les chapitres. A condition aussi de ne pas être trop bardé de certitudes. C’est de l’ouvert qu’il propose, pas une nème idéologie.

> juin 2019 : billet d'humeur de Nicole Valcke :
GULF STREAM... Ce courant chaud évoque pour moi la résonance. Celle qui circule dans la rencontre !
La rencontre dans un paysage : l’herbe semée de fleurs, les troncs d’arbres qui s’élancent… le bruit des feuilles, le vent doux et chaud. Je suis remplie et me laisse entourer. J’accueille en moi le Gulf Stream.
La rencontre par le regard… Curieuse, cette circulation qui circule  par l’accueil… Est-ce que j’ose me laisser rejoindre, nourrir, remplir ? Pour finalement m’embarquer dans l’inconnu, en faisant confiance à cette belle chaleur humaine, à cette circulation de beauté, de bonté ?
La résonance dans la musique… Cantates  de Bach…
La résonance par l’architecture… Guggenheim à Bilbao…
Nous avons vraiment besoin du Gulf Stream.

> juin 2019 : billet d'humeur enthousiaste de Paule Giron :
Tout le monde connait Boris CYRULNIK, le neuropsychiatre « inventeur » de la résilience et des enfances fracassées comme fut la sienne qui lui servit de fil rouge pour décrire le parcours d’une âme en souffrance vers une possible résurrection.
Dans son dernier livre « La nuit, j’écrirai des soleils », il s’entoure de quelques écrivains célèbres, fracassés comme lui dans l’enfance et qui utilisèrent comme lui, cette étrange résilience : l’écriture.
Ecoutez ce qu’il en dit :
« Combien d’enfants aux vies fracassées ont combattu la perte avec des mots écrits !
- Pour eux, le simple fait d’écrire changea le goût du monde.
- Le manque invite à la créativité, la perte initie à l’art.
- Une vie sans action, sans chagrins n’est qu’une existence sans plaisirs et sans rêves. Un gouffre de glace.- Crier son désespoir n’est pas une écriture. Il faut chercher les mots qui donnent forme à la détresse, pour mieux la voir hors de soi. Il faut mettre en scène l’expression de son malheur.
« En écrivant, en raturant, en gribouillant des flèches dans tous les sens, l’écrivain raccommode son moi déchiré. Les mots écrits métamorphosent la souffrance. »
Qu’il s’agisse d’un livre ou bien d’une toile, qu’il s’agisse d’une femme pour un homme ou d’un homme pour une femme ou qui que ce soit d’autre, le livre de Boris Cyrulnik m’évoque un autre fracassé qui avait pris la plume pour chanter :
« Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de ma montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement. »
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est que d’aimer
«  J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines »
Ce paumé-là devenu poète, c’était Jean Ferrat.
A lire absolument et à faire lire

> juin 2019 : billet d'humour philosophique de Paule Giron :
Un jour, pour plaire sans doute à de Gaulle, l’un de ses ministre avait dit :
« Ce qu’il faudrait c’est éradiquer les cons » ! Le Général avait élevé les bras au ciel indiquant l’amplitude de la tâche, et avait répondu :   -Vaste programme !
En y repensant, je me disais que l’ennui du programme en question c’est que tout le monde évoquait son voisin mais jamais lui-même en matière de connerie. Moralité : Comment voulez-vous qu’on s’en sorte ?

> juin 2019 : billet d'humeur de Marie-Claire Chain :
A Propos du film de LELOUCH «  Les plus belles années d’une vie »
Jean Louis Trintignant et Anouck Aimée reprennent 50 ans après leur rôle dans « Un homme et Une femme » que j’avais aimé à l’époque.
Aujourd’hui l’émotion est intense en les retrouvant avec des visages marqués par les épreuves du temps mais l’intensité des regards est intacte, l’attention silencieuse et les voix malicieuse chez Jean Louis et si douce chez Anouck. Le film est traversé de flash-back rappelant le grand amour de leur jeunesse. Malgré les infidélités de la vie la profondeur de l’amour n’a jamais cessé, elle est là présente dans les attentions les gestes, la mèche de cheveux d’Anouk qu’elle relève avec grâce, la lumière du sourire de Jean-Louis, l’intensité de son regard laisse deviner que des bribes de mémoire sont toujours là.
C’est émouvant souvent très beau malgré des maladresses (des longueurs sur certains plans de visages, et une course dans un Paris désert qui n’a pas lieu d’être dans ce film), ne vous privez pas. Allez voir ce joli film qui exprime avec tendresse et charme, que la vie continue.

> mai 2019 : billet d'humeur perplexe de Claude Caillart : Tout et rien
Où se situe la limite entre le tout et le rien, entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit ?
Tout ce qui est autorisé n'est pas interdit, alors que rien de ce qui est interdit n'est autorisé. Par bonheur, tout ce qui n'est pas interdit reste possible. C'est la seule porte entr'ouverte à l'utopie créatrice, à la réalisation de l'impossible.
Il y a déjà plus d'un demi-siècle, il fut interdit d'interdire. Maintenant, il est parfois autorisé d'interdire,  mais interdire d'autoriser est assez rare. Les bras nous en tombent. Nous sommes paralysés, perplexes. Que faire ? Rien, et  laisser faire le temps, ou tenter de faire quelque chose, malgré le temps qui passe. Ne pas attendre l'autorisation de faire, et agir vite avant que l'interdit ne s'y oppose.
En ce mois de mai,  chacun est supposé  faire ce qu'il lui plait, ou s'en remettre à l'autorité de Saint Augustin pour aimer, et faire ce qu'il veut, faire ce qu'il aime faire. Interdit de ne rien faire, ou de faire ce que je n'aime pas, je suis autorisé à faire ce que j'aime.Parler de tout et de rien peut nous mener loin. Aussi loin, aussi longtemps  que le temps : il a fait beau, il fait moins beau, il pourrait pleuvoir. Demain, le temps sera plus vieux, avec belles éclaircies. Les Bretons disent "Amzer zo" : le Temps est. Il est ce qu'il est. Ce qui n'est pas rien

> avril 2019 : billet d'humeur représentative "UP" transmis par Nancy de La Perrière. 
HISTOIRE TRANSCULTURELLE – Sophie ROY-PASQUIER  Revue Souffles Janvier 1919
C’est l’histoire de deux grenouilles qui jouent, dansent, font la fête… et finissent par tomber dans une jarre de lait toute proche ! Les bords sont trop hauts… elles n’arrivent pas à sortir. Le soir arrive, la nuit tombe…elles n’arrivent pas à sortir. Elles nagent et s’agitent… mais n’arrivent pas à sortir. Au petit matin, la première qui n’en peut plus s’arrête et coule. La deuxième ne lâche rien et continue à battre des pattes… «  Seule la mort m’arrêtera ! ». Elle continue à battre le lait. Tout à coup elle sent quelque chose d’imprévu se transformer sous ses pattes : le lait devient crème… puis beurre. Elle trouve appui, saute et parvient à sortir de la jarre.

> avril 2019 : billet d'humeur et témoignage de patient / de Claude Caillart : épisode 2. Satisfaction en question
"Satisfait ?", m'a-t-on demandé, à la sortie du Centre où j'avais été immergé pendant 16 jours. Le questionnaire proposé me plongea dans l'embarras. La première question portait sur la réception du livret d'accueil lors de mon admission. Je ne pouvais répondre que non, alors que j'avais accusé réception et signé le contraire. La suite du questionnaire portait sur les soins, les relations avec le personnel, et le service. Pour les soins, c'était plutôt bien, voire excellent.
Pour les relations, on ne posait même pas la question du contact avec les autres patients, les "normaux", les "neuros", les "avec régime" et les "sans régime". Dommage, parce que la relation avait été plutôt riche. J'aurais voulu dire que j'avais aimé le sourire fatigué d'une vielle dame, le salut lointain d'un "régime", dont le nom évoquait un "Monseigneur" oublié, et le discours brillant d'un "neuro".
Pour le service restauration du soir, c'était plutôt mal, voire exécrable : je vais dire pourquoi. Au restaurant, je descendais sans préjugés. Le midi, une longue cohorte attendait l'ouverture des portes. Le soir, je fus surpris, étonné par la mauvaise humeur des serveuses, et par le régime imposé. Au tableau d'affichage, rien à dire : menu varié et complet, laissant entendre qu'un  certain choix était possible. Tout à dire, en réalité....Pour lire la suite de ce billet "Patient insatisfait"  télécharger le PDF en bas de cette page. Billet n° 1 et billet n° 2.

> mars 2019 : billet d'humeur et de colère de Paule Giron :
Aujourd’hui je suis en colère. Pas seulement pour les dégâts imbéciles faits sur les Champs Elysées samedi dernier mais sur la place incroyable qu’a offert la presse à l’évènement, et que je cause, et que je cause et que je cause, et la toute petite place offerte à un évènement majeur préoccupant de plus en plus de monde : l’écologie, à la Bastille.
Entre les black-blocs, les gilets jaunes et ce jeune ado qui dit au Président Macron : « Quand notre planète sera détruite avec quel argent en achèterez-vous une autre ? ». Faut-il avoir quinze ans aujourd’hui pour être intelligent ? Faut-il avoir quinze ans et deux sympathiques tresses pour venir de Suède nous dire que nous sommes en plein délire ? Faut-il en avoir 90 (ans) comme moi pour dire que la parole de ces juniors n’est ni reprise ni entendue par la presse plus motivée par ce qui détruit que par ce qui cherche à vivre. Entre la casse aux Champs Elysées et la manif écolo de la Bastille, la presse a choisi son camp. Pas étonnant que de plus en plus de gens ferment leur poste ces temps-ci.

> mars 2019 : billet d'humeur de Claude Caillart :
A propos de Morales espiègles
, Michel SERRES, éditions Le Pommier 91 pages. Plus il devient vieux, plus vert est le verbe de Michel SERRES. Sorti plutôt fringant de l'hôpital Cochin, il vient de  passer à la Grande Librairie, où il a parlé de son dernier ouvrage, "Morales espiègles".
L'Académicien - plus immortel que jamais-, a dédié son livre à trois héros bretons qui volent, dans les airs,  sur la mer, et dans l'espace. Il se présente humblement comme le  Sancho Pança  serviteur de ces Don Quichotte modernes. Cet amoureux de la vie raconte ses joyeux chahuts de jeunesse, qui nous  rappellent les nôtres, des internats à la  haute mer. Il en montre les limites et regrette de les avoir parfois franchies.
Dans un dialogue sans fin,  Grand Papa Ronchon oppose en riant sa modeste vertu au virtuel de sa Petite Poucette. Il admire sa virtuosité narquoise, qui le dépasse désormais. Ayant bénéficié du don de la vie, il n'attend aucun retour, sinon le plaisir d'avoir transmis de la culture aux générations qui le suivent . "Excellence du don, le pardon, ainsi devenu transitif, ouvre un avenir neuf ". Méditons ce message.
Prêchant les transitions heureuses, l'Académicien termine par une espièglerie, où la désobéissance de notre Grand Maman Eve lui permet de livrer ces six histoires à ses éditrices et amies du Pommier. Plaisantes virtuosités d'un grand conteur, à mâcher et remâcher à haute voix.

> mars 2019 : billet d'humeur de Jade Mansion (17ans)  un billet plus long parce que plus rare... 
“Etre vieux, c’est être jeune depuis plus longtemps que les autres”  A l’aube de mes 17 ans, je suis ce que la société appelle jeune or je n’ai jamais été aussi vieille. Mais réellement, qu’est ce que vieillir? On s’imagine automatiquement le vieillard bossu, affalé sur sa chaise, un Gobseck grincheux pour Balzac ou une Poupette décontractée pour Sophie Marceau.
Nous, les jeunes, nous aurons toujours cette image de nos grand-parents, le majeur levé sur l’écran de leur iPhone, la tête haute et les sourcils froncés, tapotant à droite à gauche et essayant de comprendre le fonctionnement de ces machines infernales. Plus sérieusement, la vieillesse se définit de deux manières distinctes ; être vieux et être âgé. Être âgé se caractérise par le nombre d’années vécues et experimentées par un individu alors qu’être vieux correspond à la capacité d’accepter les évolutions des relations et de la société dans lequel il vit. Un vieux doit-il être jugé par la longueur de ses rides ou par son habilité à manier une télécommande? A vous de voir…
Jean Cocteau disait “on peut naître vieux comme on peut mourir jeune.” Vieillir. Vieillir est un constat subjectif rendu objectif par la société. D’après celle-ci, après avoir dépassé un certain âge ou lorsqu’on est victime d’un malfonctionnement physique, on est perçu comme vieux et on l’intériorise au bout d’un certain temps, entraînant avec lui, toutes ses caractéristiques et ses actions aussi bien physiques que mentales.
La jeunesse, quant à elle est très fortement idéalisée sur le plan social. “On est jamais plus beau ou plus libre que lorsqu’on est jeune” affirment certains. Maupassant disait “ Les vieux restent et les jeunes s’en vont”.
La rebellion de Grease et la libertée de La Boum restent dans les esprits de ceux qui refusent de grandir et dans la mémoire de ceux qui sont déjà vieux. Mais alors comment rester jeune sans paraître vieux? Grandir est une obligation mais vieillir est un choix, tout dépend de l’état d’esprit d’un individu. On a tous déjà entendu cette phrase symbolique de parents en colère ou de professeurs agacés dire “J’ai été jeune avant toi”.....pour lire la suite vous pouvez télécharger le billet en bas de cette page PDF ou le lire en cliquant sur ce lien >>>  https://www.oldup.fr/atelier/actions-de-terrain/894 <<<
> mars 2019 : billet d'humeur de Claude Caillart. 
Témoignage de patient . 1 - L'accueil  Ce billet témoigne d'une tranche de vie, subie plus que choisie : une immersion  de 16 jours dans un Centre de Rééducation Fonctionnelle. Usager ordinaire, passant par les contraintes d'un système très organisé, je porte ici un regard personnel sur cette expérience vécue.
Après un changement de prothèse,  je fus transféré récemment dans un établissement de soins de suite et de remise en condition. Les ambulanciers, en avance sur l'horaire annoncé, sont pressés de livrer leur colis et de récupérer leur brancard.Tout s'agite autour de moi, Etourdi par la reprise de la position  debout, je recouvre lentement mes esprits, entendant vaguement qu'on souhaite la bienvenue à quelqu'un dont le nom me dit quelque chose : - Bienvenue, monsieur CAILLANT  ...
Appuyé sur deux cannes anglaises, je suis guidé vers une chambre individuelle, au 6ème étage du bâtiment. Une aimable personne me fait visiter la chambre, me montre les boutons de commande. Cette dame - la gouvernante-, m'explique les rôles des principaux intervenants dans mon parcours de soins : médecins, infirmière de l'étage,  kinésithérapeute ; et déploie la variété de l'offre hôtelière, allant de la chambre double à la suite (facturée 500 euros par jour).  Arrive le moment des signatures à apposer sur une liasse de documents, à joindre au dossier déjà ouvert, ...Pour lire la suite de ces péripéties vous pouvez télécharger le billet complet en PDF bas de page.

> février 2019 : billet d'humeur de Paule Giron. "Sur les Falaises de Marbre", Ernst Junger éditions Gallimard L’imaginaire 
C’est une métaphore. C’est une allégorie. C’est une histoire pas vraie, plus réelle, que réelle. C’est une Apocalypse pour temps sombres. Allez, je vous dis tout : c’est la Nième histoire de la lutte du Mal et du Bien, après la Bible, le Mahabharata et tant d’autres depuis que le monde est monde et qu’il lui prend régulièrement d’avoir envie de se détruire. Ernst JUNGER avait « inventé » cette petite histoire juste avant la guerre. On a cru qu’il parlait « seulement » de l’arrivée des nazis. Non. Il parlait aussi d’aujourd’hui et peut-être de demain, que nous laissons faire, il parlait de toutes les époques où « détruire » est le mot du jour. Je laisse le lecteur  découvrir cette courte saga, quasi mythique dont je retiens juste une phrase qui vaut d’être entendue plus que d’autres : « Dans cette dévastation, ces décombres, les anciens conflits apparaissaient aussi dépourvus de sens que les souvenirs d’une méchante ivresse. Le désastre seul, était demeuré ».
Quand j’écoute les nouvelles du jour et que l’humeur n’est pas au beau fixe, cette petite phrase traverse les informations comme un avertissement. Quand un couple se déchire et va au clash, j’entends pareil !

> février 2019 : billet d'humeur de Philippe Gutton, Président de OLD’UP: « L’homme qui marche I et II » (1947) est exposé au Musée Maillol. Nombreuses interprétations et ouvrages commentent. Giacometti y dévoile, dirai-je l’activité des processus de vieillissement de l’homme déchainé qui marche, ne marche pas, adhère à son socle. « Il est trop penché en avant » dit le sculpteur lui-même. Il est même tendu vers l’avant sous le poids de sa vulnérabilité et d’un long parcours d’artiste. Va-t-il tomber ? Il ne pointe pas le bras comme « La femme qui marche » (1932-1946). Il est solitaire. L’homme, « c’est lui, c’est vous, c’est moi », est dans une réalité revalorisée (après sa période surréaliste cubiste) mais dans « un inconnu » qu’il qualifie de « merveilleux encore jamais vu » ; peut-on rendre visible cette intimité invisible de chaque humain ? Dans la sculpture, l’homme est puissant et frêle, ce lien des paradoxes dont je parle volontiers ; on le retrouve au piano entre main gauche incertaine et main droite qui court sur les notes (je l’ai entendu récemment chez Gabriel Fauré ou Maurice Ravel). André Breton écrit (1934) à propos de son ami de façon sensiblement optimiste : « C’est la lutte d’Alberto Giacometti entre l’ange de l’invisible qui lui a donné rendez-vous dans les pommiers en fleurs ».

> février 2019 : billet d'humeur pédagogiqude Claude Caillart. Le secret de l’art d’exprimer, selon le Professeur Jean GUITTON, consiste à dire la même chose trois fois : on dit qu’on va la dire, on la dit, et on dit qu’on l’a dite... C’est tellement simple que ça en devient difficile, et on attend d’avoir quelque chose à dire. On peut aussi parler pour ne rien dire. Je vais donner, en exemple, l’expression d’une théorie sur la « sémantique optionnelle », selon un ami proche :    - Distinguons, me dit-il, le sens et le dit.    - Il y a un sens du dit et un dit du sens.    - De même, le sens du dit est plus facile à percevoir que le sens du non-dit.    - Mais si le sens vient à la fois du dit et du non-dit, le non-sens va dans la même direction, puisqu’une direction comporte nécessairement deux sens opposés : le bon et le mauvais ...     Impossible d’interrompre la démonstration, dont le bon sens évident semblait prendre une mauvaise tournure. J’arrêtais d’écouter, laissant mon esprit s’évader, et mon sourire se figer. Sous la pluie des vérités premières, le temps s’écoulait. L’orage menaçait d’éclater, et ma patience d’entrer dans le rouge. Mon ami continuait à débiter, mais il eut rapidement la bouche sèche. Il sentit aussi, à mon air fermé, qu’il devait arrêter. Tournant son regard vers son verre vide, et sans rien dire de plus, il me le tendit; je m’empressai de le remplir, mettant ainsi un terme à son discours. Le rouge étant mis, nous levâmes nos verres, à notre amitié encore debout.

> février 2019 : billet d'humeur de Paule Giron.  Vous voyez qui est Elisabeth QUIN ? La journaliste d’ARTE qui a des cheveux blancs, un air juvénile et un regard bleu qui m’évoque la remarque d’un ami : « Elle avait les Caraïbes dans le regard ».
 Elisabeth QUIN vient d’écrire un livre : « La nuit se lève », chez Grasset. Elle raconte son parcours du combattant depuis qu’à 51ans, une médecin lui a dit qu’elle avait un glaucome et qu’à terme elle perdrait la vue. Froidement. Comme çà. Constat médical sans fioritures, sans humanité non plus. C’est avec ce constat-là qu’Elisabeth va désormais avoir à faire. La traversée du combattant commence. Qu’est-ce qu’elle va faire avec « cela » ? Elisabeth, en racontant le parcours, nous offre la plus magistrale leçon de vie que l’on puisse écrire. L’immense fragilité, la peur, imparable, l’amour (m’aimera-t’il encore, aveugle ?), l’humour, (le glaucome, lui dit un ami, c’est emmerdant mais tu peux encore faire ton métier, tandis que si tu étais sourde…), la colère (Tobie Nathan évoque Tiresias condamné à être aveugle pour avoir trop su, trop vu, mais qui, en contrepartie devint devin. Commentaire d’Elisabeth : « La cécité, rançon de la lucidité ? » Va te faire voir chez les Grecs !...). Le questionnement sur le regard de l’autre : « Et si une autre femme lui plaît ? Je n’en saurai rien puisque je ne verrais rien ? ».
Toutes les questions, toutes les peurs, toutes les angoisses, tout l’humour et l’amour du monde se bousculent dans la tête et le cœur d’Elisabeth. C’est de l’humain à l’état pur qui traverse l’épreuve. A lire absolument.

> février 2019 : billet d'humeur de Paule Giron : Vous êtes « bluzzie » ? Vous n’avez pas la pêche ? Vous vous demandez où va le monde ? Arrêtez de ressasser et plongez toutes affaires cessantes, dans le monde des trois compères qui nous ont déjà expliqué ce qu’était la sagesse et qui clament maintenant « A nous la liberté ! » Christophe André, Mathieu Ricard et Alexandre Jollien sont des anti-pesanteur. L’air, avec eux, redevient léger, respirable, enviable, à condition de bien vouloir plonger comme eux en eaux profondes et dégager ce qui nous leste, nous pèse, nous enfonce. Ils sont uniques pour mêler la plus grande rigolade aux choses les plus sérieuses, à nous rappeler qu’être libres, ça s’apprend, que mourir, ça s’apprend, que vivre, ça s’apprend, qu’aimer, ça s’apprend. Rien n’est donné, tout est à découvrir. Et que malheur à celui qui attend que la vie vienne d’ailleurs que de lui-même. Malheur aussi à celui qui aimerait devenir un saint. Dans l’inimitable langage d’Alexandre Jollien, la vie, jour après jour, heure après heure est un lent travail à être petit à petit « un peu moins con ».
Rien que ça ouvrir sur une grande espérance !

> février 2019 : billet d'humeur de Paule Giron à propos de «Réflexions sur la question antisémite» Delphine Horvilleur, éditions Grasset. 
C’était pendant la guerre j’avais 10 ou 11 ans. Un matin, dans le métro, je me suis retrouvée en face d’une petite fille de mon âge. Elle portait une étoile jaune. Qu’avait-elle fait de mal cette enfant qui aurait pu être ma copine pour porter sur le revers de sa veste ce signe d’infamie ?
J’ai lu Sartre et d’autres sur la question de l’antisémitisme et chaque fois, je suis restée sur ma question. Il y avait mille raisons à ce rejet millénaire, aucune n’apportait de réponse claire… jusqu’à aujourd’hui, où le petit livre de Delphine Horvilleur, femme et rabbin à la fois éclaire ma lanterne en donnant des réponses à ce problème récurrent.
«Réflexions sur la question antisémite» est un livre incontournable pour quiconque cherche une réponse intelligente à une question vieille de tant de siècles et jamais éclairée.
Fallait-il une femme, et rabbin de surcroît pour permettre de mettre des   mots intelligibles sur une fracture qui dure depuis 2000 ans et renaît de ses cendres quand on ne l’attend plus. A quels ressorts de l’âme humaine fait-elle appel ? C’est à cela que tente de répondre l’incontournable livre de Delphine Horvilleur. On savait le racisme bête et méchant mais on ne comprenait pas pourquoi.
Merci Madame Horvilleur.

> janvier 2019 : billet d'humeur de Marie-Claire Chain La crise des Gilets Jaunes nous interpelle ? (A partir de l'Atelier d’ Ecriture de OLD'UP animé par  B.  Aumont et M. Guyard).
Amie, l’autre soir tu m’as semblée pessimiste et découragée. J’ai écouté ce monologue répétitif comme si tu te parlais à toi-même. Je te ressentais bouleversée par la violence des évènements que nous vivions tous à des degrés divers. Oublié ton travail, ta culture, tes activités de loisir. Tu me disais être obsédée par ce que tu lisais, ce que tu voyais et que tu ne comprenais plus. Mon silence ne paraissait pas te troubler. A la question « es-tu là ? » je répondais : « mais oui  je t’entends et comprends ton désarroi ». Tu poursuivais sur ton incapacité à trouver les mots justes pour crier ton impuissance, écrire à un journal.
Tout ce qui avait fait le sel de ta vie passait au second plan. Tu n’y pensais même pas exprimant avec émotion que l’essentiel n’existait plus. Tu avais fermé ta télévision et jetais les journaux avant de les lire. Je n’avais aucun mot pour te consoler et en raccrochant j’ai pris ma plume : «Cette lettre voudrait te dire que tu es mon amie, que je t’aime et partage d’une certaine manière tes incertitudes, ta colère et la profondeur de ta peine même si elle me paraît excessive.
Ton corps douloureux, ta solitude, ton isolement sont à peine perceptibles. Tu sembles subitement avoir perdu ta vitalité, ton courage, ton sens de vie que j’apprécie tant. Est-ce momentané ? je ne le pense pas. Ces évènements font partie d’une crise que nous traversons tous et j’aimerai t’en  faire ressentir l’aspect positif. Ce qui se passe en France, comme dans d’autres pays d’Europe, nous conduit à notre âge à réfléchir autrement à chercher,à inventer des mots, des comportements pour avancer dans le présent sans céder à la « dépression ambiante » qui nous guette. En t’écoutant j’ai pris conscience qu’il faut ralentir nos rythmes de vie, prendre le temps de lire de revenir aux origines de nos engagements professionnels associatifs amicaux. Nous vivons depuis longtemps très proches les uns des autres éloignées peut-être de la réalité de ce que vivent certains et certaines autour de nous.
J’aimerais t’entraîner avec moi vers une autre façon de « regarder le ciel ». Aujourd’hui tu as le droit de pleurer, de ne pas voir l’horizon. Ces mouvements violents pour nous tous étaient t’ils prévisibles alors que personne n’a su les anticiper ? Je crois profondément qu’aller seule à contrecourant est « plombant» et inutile. Partager avec d’autres notre questionnement pourrait modifier notre point de vue.
En te souhaitant une belle nuit, je  vais  écouter en pensant à toi l’Andante du Concerto 21 de Mozart. Je t’embrasse avec mon amitié fidèle.

> janvier 2019 : billet d'humeur de Paule Giron, à propos de « Sérotonine » Michel Houellebecq Editions Flammarion
Le best, le meilleur, l’unique, celui dont on attend impatiemment le prochain livre et, lorsque l’enfant paraît, tire à 320.000 exemplaires toutes nationalités confondues. C’est qui ça ? C’est Houellebecq, l’écrivain de la fin d’un monde qui n’en finit pas d’expirer à longueur de livres.
22€ pour se payer le trajet. C’est pas cher. Et qu’avons-nous pour ce prix-là ? Du Houellebecq comme d’habitude. Toujours le même bonhomme penché avec sollicitude et compassion sur son «zizi errant». De livre en livre, ça ne s’arrange pas. On se demande même si ça n’empire pas. A la centième page, tout de même, quelques signes de fatigue, de plus envie, de «débandé» qui frise l’impuissance, on s’étonne un peu. Il en met du temps à en avoir marre de lui-même le bonhomme, c’est tout de même une sacrée santé que de se répéter livre après livre pour nous annoncer la fin d’un monde qui meurt. De temps à autre, il envisage son suicide. L’on se dit qu’à sa place, il y a beau temps que j’aurais sauté le pas. Mais non, il repart, des fois qu’il reste un petit quelque chose à achever dans ce monde qui n’en finit pas de finir.  En tous cas, ça vaut le détour : 320.000 péquins qui vont dévorer le livre du siècle en criant au génie.
Faites comme vous voudrez, pour modeste ma part je vous avoue n’avoir pas pu finir «le clou du siècle».
P.S. Au passage, j’ai tout de même appris que les femmes : « Toutes des salop es »….c’est ce qu’on appelle un « grand classique » !!!

> janvier 2019 : billet d'humeur de Claude Caillart : Comme une plume au vent
Dans un récent billet d'humeur, vous avez ouvert un vrai débat. Vieille huppe impliquée, je vous prête une plume, pour vous répondre.
Vous me dites huppée, et donc privilégiée ? Je n'ai qu'un privilège, monsieur : celui de l'âge. J'existe depuis la plus haute antiquité. J'ai guidé le roi Salomon vers la reine de Saba, dit-on.
Mon espèce, Upopa, était  ainsi nommée par les Romains, transcrivant mon cri : Oup Oup Ah. Vous pouvez prononcer Oupopa, ou Upopa, mais pas Eupopa, même si les Grecs m'identifiaient comme Epops. En m'entendant, les Francs avaient décidé, eux, que je pupulais.  Le verbe a survécu, mais j'ai l'impression que  personne ne fait plus attention au langage du temps passé.
Ma génération de vieilles huppes - dont certaines hippies repenties -,  a survécu aux modes du be-bop et du hula-hoop ; certaines ont raté le rap,  d'autres évitent naturellement le hip-hop ; toutes s'efforcent de rester dans le coup, Old'Up Up-to-date. Depuis la nuit des temps, la huppe symbolise l'âme, qui conduit les vivants au-delà de la vie, vers l'éternité. Je souhaite contribuer à transmettre cette tradition, quoi qu'il arrive.
Les grands chapeaux ont disparu, qui voilaient les chignons de nos grand-mères, quand elles sortaient en ville. Les plumes, comme les fruits, n'ornent plus que les couvre-chefs de la reine d'Angleterre. Personne, de nos jours, ne regrette ces plumes. A la recherche du temps, perdu et retrouvé,  Marcel Proust décrivait cependant l'occiput d'un de ses bons amis, huppé sans houppette, comme "une aigrette d'or aux cheveux déplumés."
Si je reviens vers vous, en ce début d'année, c'est pour émettre un vœu, vous demandant de le transmettre : la création sur notre site d'un groupe de parole virtuel, une sorte de forum des oiseaux, où les hérons cendrés, les roitelets  casqués, les hiboux veilleurs de nuit, et naturellement les huppes, viendraient échanger sans contrainte, dans cet espace  dédié, sous la houlette bienveillante d'une web-mistress. Les serins à jabot jaune seront peut-être à éviter. Merci de bien vouloir faire suivre ma réponse et mon vœu.
Une vieille huppe qui s'obstine à pupuler.

> janvier 2019 : billet d'humeur chagrin de Geneviève Mansion : «Parle plus fort, elle est sourdingue !»
Voilà comment mes charmants enfants bien élevés et délicats signalent aux « copains »que je suis handicapée !
Que dire, que faire ?
Intérieurement je crie au scandale, mais c’est un cri inaudible. Parfois je réagis par de mimiques de reproches : rien n’y fait. Dans bien des domaines, je pense avoir de l’humour et plutôt bon caractère. Mais là NON ! Ça ne passe pas.
Si je proteste verbalement j’ai droit à des « mais Maman, c’est une mise en boîte, c’est pas méchant ! ».Comprendre : tu es trop susceptible…C’est comme ça : les malvoyants sont touchants, les malentendants sont agaçants, et leur entourage gentiment maltraitant.
Et cela ne s’arrête pas là…nous, les sourds, nous faisons rire ! Je suis de la génération Tintin. Et comme tous les lecteurs de 7 à 77ans j’ai beaucoup ri  des défaillances auditives du délicieux Professeur Tryphon Tournesol. Hergé ne ménage pas ce doux et génial savant. Avec talent il sait utiliser les ressorts comiques des coqs à l’âne, contre sens et quiproquos en tout genre et ça marche !
Le pauvre Tryphon est toujours à côté de la plaque et semble descendre de la lune, l’objectif de toute sa vie. Ouvertement moqué par tout son entourage il ne s’en soucie guère et poursuit son bonhomme de chemin, son rêve et ses recherches : un modèle enviable de « zénitude ».Pour ma part, ayant passé la barrière des 77ans, j’ai aujourd’hui une autre approche du problème et ne suis plus du côté des rieurs puisque moi aussi je « tryphone » sérieusement !
Dans ma détresse de sourde incomprise un livre me console, me soigne et m’enchante. L’écrivain anglais David Lodge a écrit il y a une dizaine d’années « La vie en sourdine » un roman sans doute autobiographique. Il décrit avec finesse et justesse la vie quotidienne du malentendant appareillé.
La dépendance aux prothèses auditives et leur délicat maniement, le drame que peut être leur perte, le bruit dans les restaurants, la foule insupportable, le regard des autres, le sentiment d’isolement, tout y passe. Le lecteur malentendant sourit  (ou s’esclaffe) à chaque page tant il se reconnaît. Ce qui frappe surtout c’est la distance, l’humour et la légèreté du ton et de l’écriture : un régal !
Ce livre me plaît car il présente une valeur thérapeutique pour qui vit cet handicap et une haute portée pédagogique pour son entourage agacé et agaçant ! Un conseil : offrez-le !  Ps : Il est désormais en collection poche.
 
Les billets d'humeur de 2016, 2017 et 2018 sont archivés ci-dessous en documents pdf.

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