BONNE ANNEE 2019

OLD'UP vous souhaite une excellente nouvelle année 2019.
 
2 nouveaux livres de la collection OLD'UP, éditions Inpress.
- "Créer sa Vieillesse" par Paule Giron
http://www.inpress.fr/livre/creer-sa-vieillesse/
- "Longévité pour tous : une chance pour chacun, une chance pour la société" sous la direction du Pr Moulias et du Pr Gutton
http://www.inpress.fr/livre/longevite-pour-tous/

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Billets d'humeur

Sont publiés ici les textes ou billets d'humeur que les membres de OLD'UP souhaitent partager ! Bonne lecture !
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Vos billets d'humeur seront les bienvenus !

A lire aussi :
- en page d'accueil : des témoignages de membres,
- dans la page NOS GROUPES : des témoignages concernant la participation aux groupes de parole de OLD'UP,
- dans la page ACTIONS DE TERRAIN : quelques billets publiés en réaction aux évènements du... terrain,
- dans la PAGE D'ACCUEIL (en cliquant sur OLD'UP en haut de page) carré "des livres, des sites" :
http://www.oldup.fr/content/des-livres-et-des-sites : l'avis de lecteur de OLD'UP à propos de livres qu'ils ont lus et qui les ont fait réagir.

Des billets de... bonne humeur, d'avenir, humeur poétique, zoologique, réflexive, verte, joyeuse, vagabonde, légère, grave, philo, contemplative, chagrin...
 
BILLET D’HUMEUR
 
> janvier 2019 : billet d'humeur de Paule Giron, à propos de « Sérotonine » Michel Houellebecq Editions Flammarion
Le best, le meilleur, l’unique, celui dont on attend impatiemment le prochain livre et, lorsque l’enfant paraît, tire à 320.000 exemplaires toutes nationalités confondues. C’est qui ça ? C’est Houellebecq, l’écrivain de la fin d’un monde qui n’en finit pas d’expirer à longueur de livres.
22€ pour se payer le trajet. C’est pas cher. Et qu’avons-nous pour ce prix-là ? Du Houellebecq comme d’habitude. Toujours le même bonhomme penché avec sollicitude et compassion sur son «zizi errant». De livre en livre, ça ne s’arrange pas. On se demande même si ça n’empire pas. A la centième page, tout de même, quelques signes de fatigue, de plus envie, de «débandé» qui frise l’impuissance, on s’étonne un peu. Il en met du temps à en avoir marre de lui-même le bonhomme, c’est tout de même une sacrée santé que de se répéter livre après livre pour nous annoncer la fin d’un monde qui meurt. De temps à autre, il envisage son suicide. L’on se dit qu’à sa place, il y a beau temps que j’aurais sauté le pas. Mais non, il repart, des fois qu’il reste un petit quelque chose à achever dans ce monde qui n’en finit pas de finir.  En tous cas, ça vaut le détour : 320.000 péquins qui vont dévorer le livre du siècle en criant au génie.
Faites comme vous voudrez, pour modeste ma part je vous avoue n’avoir pas pu finir «le clou du siècle».
P.S. Au passage, j’ai tout de même appris que les femmes : « Toutes des salop es »….c’est ce qu’on appelle un « grand classique » !!!
 
> janvier 2019 : billet d'humeur de Claude Caillart : Comme une plume au vent
Dans un récent billet d'humeur, vous avez ouvert un vrai débat.
Vieille huppe impliquée, je vous prête une plume, pour vous répondre.
Vous me dites huppée, et donc privilégiée ? Je n'ai qu'un privilège, monsieur : celui de l'âge.
J'existe depuis la plus haute antiquité. J'ai guidé le roi Salomon vers la reine de Saba, dit-on.
Mon espèce, Upopa, était  ainsi nommée par les Romains, transcrivant mon cri : Oup Oup Ah. Vous pouvez prononcer Oupopa, ou Upopa, mais pas Eupopa, même si les Grecs m'identifiaient comme Epops. En m'entendant, les Francs avaient décidé, eux, que je pupulais.  Le verbe a survécu, mais j'ai l'impression que  personne ne fait plus attention au langage du temps passé.
Ma génération de vieilles huppes - dont certaines hippies repenties -,  a survécu aux modes du be-bop et du hula-hoop ; certaines ont raté le rap,  d'autres évitent naturellement le hip-hop ; toutes s'efforcent de rester dans le coup, Old'Up Up-to-date. Depuis la nuit des temps, la huppe symbolise l'âme, qui conduit les vivants au-delà de la vie, vers l'éternité. Je souhaite contribuer à transmettre cette tradition, quoi qu'il arrive.
Les grands chapeaux ont disparu, qui voilaient les chignons de nos grand-mères, quand elles sortaient en ville. Les plumes, comme les fruits, n'ornent plus que les couvre-chefs de la reine d'Angleterre. Personne, de nos jours, ne regrette ces plumes. A la recherche du temps, perdu et retrouvé,  Marcel Proust décrivait cependant l'occiput d'un de ses bons amis, huppé sans houppette, comme "une aigrette d'or aux cheveux déplumés."
Si je reviens vers vous, en ce début d'année, c'est pour émettre un vœu, vous demandant de le transmettre : la création sur notre site d'un groupe de parole virtuel, une sorte de forum des oiseaux, où les hérons cendrés, les roitelets  casqués, les hiboux veilleurs de nuit, et naturellement les huppes, viendraient échanger sans contrainte, dans cet espace  dédié, sous la houlette bienveillante d'une web-mistress.
Les serins à jabot jaune seront peut-être à éviter. Merci de bien vouloir faire suivre ma réponse et mon vœu.
Une vieille huppe qui s'obstine à pupuler.

> janvier 2019 : billet d'humeur chagrin de Geneviève Mansion : «Parle plus fort, elle est sourdingue !»
Voilà comment mes charmants enfants bien élevés et délicats signalent aux « copains »que je suis handicapée !
Que dire, que faire ?
Intérieurement je crie au scandale, mais c’est un cri inaudible. Parfois je réagis par de mimiques de reproches : rien n’y fait. Dans bien des domaines, je pense avoir de l’humour et plutôt bon caractère. Mais là NON ! Ça ne passe pas.
Si je proteste verbalement j’ai droit à des « mais Maman, c’est une mise en boîte, c’est pas méchant ! ».Comprendre : tu es trop susceptible…C’est comme ça : les malvoyants sont touchants, les malentendants sont agaçants, et leur entourage gentiment maltraitant.
Et cela ne s’arrête pas là…nous, les sourds, nous faisons rire ! Je suis de la génération Tintin. Et comme tous les lecteurs de 7 à 77ans j’ai beaucoup ri  des défaillances auditives du délicieux Professeur Tryphon Tournesol. Hergé ne ménage pas ce doux et génial savant. Avec talent il sait utiliser les ressorts comiques des coqs à l’âne, contre sens et quiproquos en tout genre et ça marche !
Le pauvre Tryphon est toujours à côté de la plaque et semble descendre de la lune, l’objectif de toute sa vie. Ouvertement moqué par tout son entourage il ne s’en soucie guère et poursuit son bonhomme de chemin, son rêve et ses recherches : un modèle enviable de « zénitude ».Pour ma part, ayant passé la barrière des 77ans, j’ai aujourd’hui une autre approche du problème et ne suis plus du côté des rieurs puisque moi aussi je « tryphone » sérieusement !
Dans ma détresse de sourde incomprise un livre me console, me soigne et m’enchante. L’écrivain anglais David Lodge a écrit il y a une dizaine d’années « La vie en sourdine » un roman sans doute autobiographique. Il décrit avec finesse et justesse la vie quotidienne du malentendant appareillé.
La dépendance aux prothèses auditives et leur délicat maniement, le drame que peut être leur perte, le bruit dans les restaurants, la foule insupportable, le regard des autres, le sentiment d’isolement, tout y passe. Le lecteur malentendant sourit  (ou s’esclaffe) à chaque page tant il se reconnaît. Ce qui frappe surtout c’est la distance, l’humour et la légèreté du ton et de l’écriture : un régal !
Ce livre me plaît car il présente une valeur thérapeutique pour qui vit cet handicap et une haute portée pédagogique pour son entourage agacé et agaçant ! Un conseil : offrez-le !  Ps : Il est désormais en collection poche.

> décembre 2018 : billet d'humeur de rêve de Claude Caillart.
Ecrire peut répondre à des questions étranges, qui se détachent de l'ombre, s'envolent, et s'y reposent. L'autre nuit, par exemple, les lettres U et P défilaient dans ma tête en colonnes. Utilité et Plaisir, Utopie et Paradoxe, Unicité et Pluralité, Univers et Partage. Pourquoi vint le sommeil, après ce défilé ?
Dans l'entre-deux, mon grand-père s'était manifesté : il se disait inquiet devant le développement des hold-up, dans son journal. Il prononçait Old-Huppe: ayant côtoyé des Anglais pendant la Grande Guerre, il prétendait savoir l'anglais. Nous étouffions de rire, et plongions sous la table pour cacher nos doutes moqueurs.
Je vis alors des oiseaux s'envoler, des huppes, des hérons, des roitelets, crânes crêtés de plumes.  Derrière eux, des ombres s'agitaient, toutes têtes huppées. Riquet-à-la-Houppe, Tintin et sa houppette, Donald Trump et son gros toupet jaune, teinté de frais. Ces ombres parlent à tous, huppés ou pas, plus ou moins privilégiés, d'un rang social plus ou moins élevé, de culture étalée du traditionnel solide  ou moderne liquide. Bien dans leur peau,  ils survivent au temps qui passe, et continuent.
Proche de l'éveil, j'en vins à me demander si nous pouvions nous considérer, au sein de OLD'UP, comme des Vieux Huppés, ou pas ? La question, insolite, sème le doute ; et le doute doit mener à la vérité. Je suis peut-être seul à me l'être posée, mais elle doit inciter chacun à y apporter sa propre réponse. Je caresse l'espoir de lire les écrits de ceux qui m'entendront.
Claude Caillart (claude.caillart@orange.fr ) - Groupe-atelier "Jouer avec les mots"

> novembre 2018 : billet d'humeur des participants du groupe "Au fil des lectures" à propos d'un livre différemment apprécié dans le groupe AU FIL DES LECTURES en novembre 2018
"Un monde à portée de main" de Maylis de KERANGAL, Editions Verticales août 2018...
UN ROMAN, UN AUTEUR : 
Une fille comme il faut s’immerge dans une école en trompe l’œil… Un chantier à droite, à gauche dans la solitude. L’écriture est inégale, les poncifs ne sont pas loin…
Maylis de Kérangal continue de nous instruire… : ici la technique du trompe l’œil, Paola est notre initiatrice… Le lecteur apprend l’art de l’illusion…. Style ramassé, visuel, avec quelques effets littéraires  étonnants. Je suis entrée avec gourmandise dans ce roman profond et ambitieux… J’ai apprécié le style très travaillé, les phrases longues compliquées… comme le travail qu’elles décrivent. Le livre est surement une performance littéraire, mais on reste toujours à côté…

> novembre 2018 : billet d'humeur interrogative... un lien vous permettra de lire un article (en anglais) du NY Times très illustré (les photos sont "parlantes") sur Zora  le robot. La chorégraphe Bianca Li donne régulièrement des représentations de son ballet ROBOTS avec ces robots plutôt expressifs. Dans le NY Times, il s'agit du robot ZORA qui accompagne des personnes âgées... affaire à suivre...
https://nyti.ms/2zpOnec?smid=nytcore-ios-share

> novembre 2018 : billet d'humeur " Humeur égoïste anti-nombrilisante" de Claude Caillart.
A l'écart des adorateurs  de leur nombril, le confondant parfois avec celui du monde,  je  garde le mien caché. A propos de nombril,  je me souviens d'une chanson des Frères Jacques :
 "Et nul, en la voyant , simple, lever son verre,/ n'aurait pu se douter que l'accorte commère/ avait le nombril en forme de 5".
Mon nombril, lui, n'a pas de forme particulière, que je sache : ni chiffre, ni lettre. J'ai l'ombilic discret, éloigné des egos qui s'exhibent. L'orientation des nombrils est tellement difficile à comprendre : du centre vers la périphérie, du présent vers l'avenir, dans le sens de l'histoire - ou le contraire ?
Chateaubriand disait, de son ami Joubert : "C'est un égoïste qui ne s'occupe que des autres".
L'ami lui répondait : "Ce pauvre Chateaubriand, il n'écrit que pour les autres, et ne vit que pour lui. Il ne songe point à se faire approuver, mais à se contenter".
On voit ici que les nombrils de  deux amis peuvent avoir des orientations différentes, ou ne pas tourner dans le même sens. Sens horaire, dit rétrograde, orienté vers le vieillissement, pour Joubert ; sens direct, contraire à celui des aiguilles d'une montre, vers le passé revisité , pour Chateaubriand. Joubert, en vieillissant, avance vers la sagesse :
"Les forces des vieillards se retirent dans leur esprit.
Le soir de la vie apporte avec lui ses lumières.
La fin de la vie est amère. On meurt peu à peu.
On rêve d'une survie dans la mémoire des autres".
Ses pensées s'envolent dans un rêve modeste, alors que les "Mémoires d'outre-tombe" s'enfoncent dans la mélancolie, le "gémissement sur lui-même", et la vanité sans mesure. Joubert est un bon compagnon de lecture. Chateaubriand est excellent pour s'endormir.
 
Les billets d'humeur de 2016, 2017 et 2018 sont archivés ci-dessous en documents pdf.