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AOUT : Claude Caillart et Maître Kong à lire ... Isolé sous dans sa bulle translucide, le vieux sage pense à l'avenir, incertain.

Les araignées d'eau s'habituent à sa présence, deviennent familières. Son plafond devient sombre sous leurs toiles.

Kong y voit de moins en moins clair, devant les informations contradictoires diffusées.

Poursuivre la lecture en dépliant le billet ci-dessous. 

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Août 2020 - L'été passé de Claude Caillart

Isolé sous dans sa bulle translucide, le vieux sage pense à l'avenir, incertain.
Les araignées d'eau s'habituent à sa présence, deviennent familières. Son plafond devient sombre sous leurs toiles.
Kong y voit de moins en moins clair, devant les informations contradictoires diffusées.

 

Il consulte les quotidiens des régions maritimes, s'intéresse à la situation des plages. Les nageurs se baignent masqués, après avoir évité des méduses en forme de poumon. Ils retiennent leur respiration, le temps de pénétrer dans l'eau. Les deuxièmes vagues sont si nombreuses qu'elles passent inaperçues, tout en restant possible.
En Papouasie, les chercheurs font un geste pour la barrière de corail ; ils comptent les étoiles de mer dévoreuses.
Un septuagénaire a glissé sur les goémons en péchant la crevette de nuit, et il s'est noyé.
Une octogénaire s'est égarée dans les bois ; les pompiers l'ont retrouvée, légèrement déshydratée.
Une tortue centenaire, ayant fait l'objet d'un avis de recherche, est enfin signalée 1,5 kilomètre plus loin, au bout de 11 jours.
Les vieux requins-pélerins flânent le long des côtes, massifs, vulnérables et inoffensifs.
Le championnat de cracher de bigorneaux est interdit, mais le lancer de sabots reste autorisé.
Le concours du plus beau cri de cochon est annulé. La consommation repart.
Les taux d'alcoolémie dépassent 3,6 grammes par litre.
Mais la probabilité des averses reste faible, annonce la météo.

 

Les toiles d'araignées lacustres ont tapissé le plafond. Par ce réseau en expansion, Kong découvre des auteurs méconnus, ceux qui "font jaillir puis exploser ce qui est tellement enfoui".
Via les réseaux sociaux, du groupe des arachnides, il reçoit des nouvelles des lointaines cousines : la nouvelle reine des araignées de mer le salue. Même éloignés, ils deviennent proches ; ses nuits en sont illuminées. Il s'endort en rêvant.

 

Claude Caillart
Pour Maitre Kong

Août 2020 - billet d'humeur tranquille de Paule Giron

Pour les vacances, un petit livre à apprécier dans un transat, à l’ombre, quand tout est calme autour et qui ne demande aucun effort méningé superflu ! « Vivre dans un monde imprévisible de Frédéric Lenoir, chez Fayard. C’est court, ça concerne tout le monde et c’est bien dit. Lenoir nous propose de revisiter ce que nous venons de vivre : le trauma du confinement et la résilience nécessaire si l’on veut en avoir appris quelque chose aussi bien de nous-même que de notre époque.
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Juillet 2020 - Été à la Kong de Claude Caillart

C'est l'été. Les bords de mer sont couverts d'enfants, qui chevauchent des licornes gonflables. Maitre Kong repart en montagne, loin de la foule déconfinée. Un ballet d'hélicoptères l'entoure, l'assourdissant. C'est le Président qui  descend, précédé par la presse. Il vient rencontrer une convention de citoyens, désignés  pour réfléchir sur le réchauffement climatique.    Trois  propositions le surprennent : /  - Repeindre la nature en vert,   / - Réduire  les vols en altitude,    - Relocaliser la production  des bouées gonflables.     Le Président réserve son avis, afin de regagner son palais sans ses hélicoptères.     Les citoyens de base se sont déjà mobilisés. Ils peignent tout ce qui est immobile: les troncs d'arbres, les rochers, et même un âne contemplatif, qui réussit à s'échapper en ruant.    
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Juillet 2020 - Arc-en-ciel de Maître Kong et de Claude Caillart

Le vieux Kong, esseulé sur le rivage, est privé de sa mer : baignade interdite. Il part en montagne, près d'une mare d'eau douce. Il y trempe ses jambes engourdies et ses pieds douloureux. La commission scientifique lui a envoyé des poissons-docteurs, qui lui nettoient les espaces interdigitaux. Ça le chatouille. Il étale ses orteils en éventail, sort un pied de l'eau, le fait sécher au soleil, le remet dans l'eau, puis fait sécher l'autre. Et il recommence, à l'instar du Sapeur Camember.     Le Président, qui  s'est déplacé pour consulter le Sage, attend fébrilement son verdict : " - Que faire, ou ne pas faire ? Et comment ?" Kong arrête de baigner ses innombrables pieds. Il tourne sept fois sa langue dans sa bouche, avant d'émettre un avis posé er circonstancié :     "- Si c'est urgent et important, mobilisez tous les moyens, et dirigez l'action commune.     / "- Si c'est urgent, mais moins important, déléguez aux juniors,  plus créatifs.     / "- Si ce n'est pas urgent, mais important quand même, laissez mûrir le problème.     / "- Et si celui-ci n'est ni urgent, ni important, laissez-le pourrir.       Alors Kong regagne son rivage marin préféré. La marée noire a disparu,  la plage est maintenant envahie d'algues vertes. Les baigneurs circulent. Un nageur lève le bras : il a perdu pied. Un voisin lui tend la main. Dès qu'il a repris  pied sur le rivage, il est verbalisé, pour non-respect de la distanciation sociale. Le règlement triomphe, brutalement, appliqué au pied de la lettre. Après la marée noire,  les algues vertes, et en attendant que  le virus jaune disparaisse,  comme il est venu,  les citoyens  peuvent quitter les zones rouges, et retrouver la Grande Bleue.     Le Président peut commander un arc-en-ciel.

Juillet 2020 - Un texte de Rainer Maria Rilke redécouvert par Paule Giron

 Après…  Après la peur, pour soi et pour les siens,     /  Après la surprise de voir le monde incertain     / Alors qu’on le croyait « sécure »     / Après ce dur rappel de la fragilité humaine, un texte vaut d’être transmis à tous ceux qui voudront bien le recevoir !       Pour lire la suite télécharger le PDF ou cliquer dans le rectangle bleu.

Juillet 2020 - billet d'humeur de Paule Giron "Complainte des Ehpads"
Personnes sensibles : s’abstenir.
Jacques Brel m’a inspiré ce petit détournement d’une de ses chansons les plus célèbres, « Quand on a que l’amour ».
J’en ai extrait cette complainte des Ehpads qui est à ma façon à moi de compatir avec tant de vieux en souffrance :
« Quand on a que la télé
à offrir en partage
Le jour du grand voyage… »
- Quand on a que la télé
pour vivre nos grands-messes
sans nulle autre richesse…
- Quand on a que la télé
pour unique raison
pour unique chanson…
- Quand on a que la télé
« à offrir en prière pour tous les maux du monde »
« Quand on a que la télé
Notre unique combat est de chercher le jour »
 
Paule Giron
Juin 2020 - billet "King disparaît" de Claude Caillart

Le vieux King souffre. Il a peur d'être contaminé. Il a besoin de parler à ses enfants, ses héritiers. Kong lui conseille de prendre l'air. Captain Planet ne peut approcher la plage, envahie par la nappe de pétrole. Le Capitaine Nemo doit rester au large, immergé.

Mais faisant appel à l'esprit de Jules Verne, l'idée d'un départ en ballon vient à Kong. King embarque dans la nacelle, salue une dernière fois le vieux Kong, et s'envole, muni de quelques olives, et autres provisions de bouche.
Le voyage dure plusieurs semaines. King est de plus en plus absent. Il croise dans les airs les images du Roi Lear, sous les traits de Michel Piccoli, qui bredouille sa fin prochaine.
Le ballon se pose sur des bords déserts, inhabités; ceux-là même d'où King est parti. C'est une île de sable, produit d'une rencontre : celle du Gulf Stream qui remonte, et d'un courant froid, qui descend du Labrador. La Dauphine, entourée de sa cour, l'attend. King peut lui transmettre un dernier message, solennel : "- Gardez-vous de vouloir tout faire. Une bonne reine, pour bien gouverner, doit ne rien faire, tout faire faire, et ne rien laisser faire sans contrôle."
Puis, en cette bonne île où il est né, King exhale un ultime soupir. L'image du vieux Kong lui apparaît, irréelle, devant la carapace de ses yeux déjà fermés. Le crabe qui va mourir laisse échapper les bulles irisées de son dernier souffle. Le Roi est mort, vive la Reine.
Kong reçoit ces bulles, en rêve. Une légère humeur de brume s'élève du rivage. La mer monte, emportant le vieux King vers les fosses abyssales, où sa carcasse reposera en nourrissant les bactéries, pour regagner enfin le monde minéral, en grains de sable anonymes.
Mai 2020 - billet d'humeur de Kong et Claude Caillart : Rêve éveillé

Le vieux Kong, allongé,  médite sur le temps. Il pense aux roches qui s'érodent, aux coquilles qui se vident, au sable qui s'écoule. Le vent souffle, à présent,  menaçant leur abri. A couvert, sous leur bâche commune, King-le-crabe rêve à ses proches. Dimanche prochain, qui pourra venir  le voir,  lui parler, et lui desserrer  les pinces, bloquées par l'arthrose ? La Reine douairière ? Une épouse ? Une dauphine ? Et le petit  prince, quand  le reverra-t-il ? Il s'éveille en sursaut. Une sale odeur, entêtante, a pénétré l'abri. Dans la nuit, une marée noire a envahi la côte. La plage et les rochers sont recouverts d'une couche visqueuse et puante.  Les oiseaux de mer, englués,  ne peuvent plus décoller. Les dauphins ont disparu. Les coquilles Saint-Jacques ont fui. Les crustacés ont trouvé un refuge sous les laminaires. Au large, les langoustines se sont repliées dans leurs terriers vaseux. King secoue Maître Kong, encore plongé dans sa méditation. Ils contemplent, muets, le désastre. King se lamente en sourdine : "- Rien ne sera plus comme avant.... / Kong pense à voix haute : "- Tout redeviendra comme avant. Ce qui fut cela sera, ce qui s'est fait se refera. Rien de nouveau sous le soleil. Un jour, ton prince viendra, pour te charmer et te donner l'espoir." / "- C'est bien mon seul espoir." soupire King" / Pour ce Dauphin tant espéré, voici les conseils avisés d'un grand Prince" rappelle  Maitre Kong : "Pour bien gouverner: réunir ; pour régner : diviser. /  "Pour réunir : partager des valeurs humaines. / "Pour  diviser : multiplier les discours vides, les commissions fantômes, les tableaux de chiffres extravagants, et les formulaires administratifs inutiles."  /  - Maitre Kong, laissez-moi méditer ces propos salutaires".Et King se rendormit. Il y eut une nuit, et il y eut un matin...

Mai 2020 - billet d'humeur de Mamaïku, 88 ans et demi

« Ecrivez-moi, / Ça m’touche / Téléphonez-moi, / Ça m’touche / Pensez à moi, / Ça m’touche /// Le toucher thérapeutique, / Fantomatique, / Ça vaut tous les bouche-à-bouche » ou   «Une gentille épistole / Toujours console, / De la coronale torgnole » ou  «Et si tous les Vieux de tous pays, repensaient pour de bon l’économie ? / Et s’ils rallumaient l’humain / Que leurs enfants ont éteint…/ Et s’ils rapetassaient de leurs frêles mains, Un monde lumineux pour demain … »

Avril 2020 - billet d'humeur de lectrice de Fr.S.

Encore un article concernant notre génération et susceptible d'intéresser les OLD'UP membres ou sympathisants...  voici le lien      https://www.telos-eu.com/fr/societe/covid-19-le-premier-ennemi-declare-de-la-generatio.html

Avril 2020 - billet d'humeur de Kong assigné et Claude Caillart

Maître Kong a rejoint le rivage, soulevé par les crabes de King. Certains de ces soutiens ont disparu en route, épuisés. Aux confins de la terre, il ne peut débarquer, placé en quarantaine par la Santé du territoire. King va l'aider à s'isoler du monde. Il mobilise le réseau des araignées de mer. En long cortège, elles montent du fond des abîmes, encapuchonnées de sacs plastiques célébrant les Super Marchés. Souverain, King libère les crustacés de leurs emballages. Tant bien que mal, il couvre le pédalo de ces sacs éventrés, pour assurer à Kong un confinement durable. Sur le pédalo, ils s'organisent. Le matin, au sec sur la plage, ils pédalent dans le vide, appliquant le principe de Poulidor : "- Plus on pédale moins fort, moins on ira plus vite, et plus tard on arrivera, mais en bon état." Enfin la mer remonte, et le pédalo est à flot. Soulevant leur voile précaire, Kong et King contemplent de haut le ballet des Bernard l'Ermite, nettoyeurs des fonds marins. King  explique : "- Mes lointains cousins doivent absolument se mouvoir : ils muent et cherchent dans l'urgence un logement plus grand. Sans coquille, leur long corps mou est vulnérable, menacé par tous les dangers. En même temps, ils doivent continuer à se nourrir, avant de trouver une résidence univalve ."

Kong médite  : "- Toute survie passe par une double quête. Manger sans être mangé. Trouver un abri de passage. Mais qu'il est doux de ne rien faire, quand tout s'agite autour de vous. " Il abaisse son rideau plastique, souvenir de supérette, et propose  une olive confite à King le Crabe, qui fait la moue. Après la mue, qui fait la moue maudit la guerre. Et ils s'endorment en paix. (A suivre)

Avril 2020 - billet d'humeur de Paule Giron : « La mesure »

Il arrive parfois qu’au fil de nos lectures, nous tombions soudain sur une « pépite » qui, vous illumine d’un coup de plume toute à l’actualité dans laquelle vous pataugiez plus ou moins péniblement avec, pour chacun, sa petite explication à laquelle il s’accroche comme une moule à son rocher !  Je ne résiste pas au plaisir de livrer ma « pépite » aux Oldupiens qui sauraient l’apprécier : J’apprends donc que, chez les Grecs, les Anciens bien sûr, le « mètre étalon » de toute vie, individuelle et collective était la mesure. C’est-à-dire  cet équilibre constamment à rejouer comme un funambule sur son fil entre le « trop et le pas assez ». Le jour où les Grecs ont perdu cet équilibre-là, leur civilisation s’est effondrée.

Faut-il faire un dessin pour ceux qui ne verraient pas le rapport entre ces grecs et notre actualité. Pour le trop, nous sommes champions, trop d’argent, trop de progrès, trop de bouffe (obésité), trop de voyages, trop, trop, trop. Pas assez de réflexion, de sagesse, voir l’effet du confinement sur tous ceux qui n’aiment que le stress et l’extérieur. Une suggestion pour le confinement : Essayer de se situer, jour après jour, entre le trop et le pas assez. Vous allez voir que ce n’est pas facile du tout !...Mais c’est peut-être çà « l’avenir ».

Avril 2020 - billet d'humeur de confinée de Geneviève C. : Voyage autour de ma chambre

En rangeant ma bibliothèque je viens de retrouver le livre de Xavier de Maistre et, devenue confinée à mon tour, je le relis avec intérêt. Je m'applique à découvrir tous ces petits riens qui m'entourent. Fantaisie, rêverie, abandon à l'imaginaire. Quand, tout à coup coincé entre deux pages du livre, un diable hideux et répugnant apparait. NON, NON, NON et NON !!!!! Je ne peux pas le voir. Il me nargue et ricane tout en rouge et noir et les griffes acérées. Je claque violemment le livre et écrabouille d'un seul coup ce démon tel un moustique. Quelle brusquerie, je ne me connaissais pas aussi brutale. Tout devient alors blanc et cotonneux, tout disparait autour de moi. Un temps incertain avant que la clarté ne revienne petit à petit. Les contours de la pièce se dessinent à nouveau, les couleurs prennent possession des objets, le soleil illumine la pièce. Les chemins du voyage autour de ma chambre sont visibles. Ironique exploratrice de cette aventure je reprends mon parcours. Les voies du confinement sont impénétrables mais le jour finit toujours par succéder à la nuit.

Avril 2020 - billet d'humeur de Laure Brandt : Mort d’une CORONA VIRUS

Malgré mon genou douloureux je décidai d’aller faire un tour dans la campagne. Je m’avançais doucement sur un chemin pierreux quand je vis un panneau. Je m’approchai curieuse et lus : attention DANGER. CORONA VIRUS. Ici commence le pays confiné.  Etonnée, je me demandai que voulait dire ce mot inconnu pour moi. Je décidai de continuer malgré une pointe d’inquiétude, Aucun bruit, pas même un vol d’oiseau. Le chemin bifurquait à droite pour s’enfonçer entre deux talus. Je m’y aventurai vaillamment. A quelques métres surgit une mygale goliath. Ses longues pattes étaient brunes et velues. De sa tête jaillissait deux yeux brillants d’un noir charbon. J’ai cru entendre dans un ricanement grinçant: “Ah, ah petite vieille la vie ne t’a donc rien appris ; tu oses l’aventure alors que tu tiens à peine debout, dis adieu au monde. Je vais faire de toi un repas de roi”. Tremblant de tout mon corps, j’étais comme paralysée. Elle s’approchait lentement et je sentis ses pattes velues enserrer mes pieds. Je me souviens que ma grand mère m’avait donné une petite dague empoisonnée à mettre dans mon soutien gorge au cas où je serai attaquée. Dans un ultime effort je sortis la dague de son fourreau et l’enfonçai dans le cou de la bête qui s’effondra. Il ne resta qu’une tache brune sur le sol.

Le bruit d’une porte qu’on ouvre me réveilla; sur le seuil la tête de mon fils effaré; tu vas bien Maman? tu as hurlé comme si tu courais un danger.

Avril 2020 - billet d'humeur de Kong et King et Claude Caillart

La mer s'est retirée. Le pédalo des migrants a échoué sous les oliviers.

Comment regagner le rivage ? / Kong appelle  King le crabe en consultation. / Le décapode écoute, et propose ses services : "- Cent crabes à dix pattes font mille pattes. / "Cinquante crabes sous chacun des flotteurs, et je prends la manœuvre en main./ "- Faites donc, King", dit Kong. / King et Kong montent sur le pédalo. / King se tient aux côtés de Kong, cap vers la mer. / Kong le félicite : - " Pour commander les hommes, marche avec eux" / King s'y emploie, avec ses deux cent crabes. /  "En position : cent à tribord,  cent à bâbord." /  "Creusez la vase, sous les flotteurs." / "A mon signal, les tribordais lèveront les pattes droites, puis les poseront." / "Les bâbordais, ensuite, lèveront les pattes de gauche, puis les poseront." / Les flotteurs se soulèvent, sous l'effort conjugué de la horde des crabes, ancrés dans le sol comme poissons dans l'eau. Le grand King dirige l'effort." /  En avant doucement, mais ensemble : les tribordais appuient sur leurs pattes de droite, les bâbordais sur leurs pattes de gauche. Quand c'est fini, ils changent . / Lentement, le pédalo décolle, et progresse en cadence. Cinq cent pattes à la fois, de chaque bord, poussent. / La mer est en vue : "Thalassa, Thalassa", remercie le vieux Kong. / Le vieux Kong égaré a rejoint le rivage, porté par mille pattes concentrées sur l'ouvrage. / Les crabes peuvent  reprendre la mer, après avoir retiré un dernier enseignement du Maitre : "Quand vous regardez devant vous, vous  avez un bel avenir ; mais si vous vous retournez, vous en avez  vraiment reçu plein le dos." / La mission est accomplie, jusqu'au prochain épisode d'aberration climatique. (A suivre)

Mars 2020 - billet d'humeur et d'humour conseillé par une lectrice du journal « la Vie » : Prendre son destin en main

Parmi les différentes mesures prises pour lutter contre l’épidémie du coronavirus, il est demandé de ne pas se serrer la main. En revanche, il est possible – et même recommandé – de se serrer les coudes. Il ne faut donc plus tendre la main, ne plus faire des pieds et des mains, seulement des appels du pied afin de garder les mains libres. Si vous êtes à la tête d’une association et que vous voudriez vous retirer, impossible de passer la main ; certes, il reste la solution de vous faire sortir à coups de pied dans l’arrière-train, mais ce n’est pas très élégant et l’on peut très vite en venir aux mains. Pour les amoureux qui ont le coeur sur la main, il est illusoire de le donner, ne même de le partager : les mariages vont tomber en désuétude, car plis personne ne fera une démarche pour demander la main de l’être aimé. Autre conséquence grave pour la démocratie: désormais, la politique de la main tendue est vouée à l’échec, être pris la main dans le sac sera moins grave que de donner un coup de main. Bien sûr, la main gauche doit ignorer ce que fait la droite, mais si elle a donné de l’argent de la main à la main, il sera nécessaire de lui passer un savon. C’est dans la tribulation qu’il convient d’être fort, l’épidémie génère un sentiment de peur ; la solution ? S’en laver les mains et prendre son courage à deux mains, surtout en mains propres.

Mars 2020 - billet d'humeur et de paix...  de Pascal Lenormand

Pascal Lenormand, Désigner énergétique, entrepreneur et auteur un message lu sur LinkedIn et Facebook que Brigitte Cadeac a eu envie de transmettre ... temps de guerre ou de paix ?

" Monsieur le Président,  J’écris ces mots au petit matin après un nuit de sommeil comme j’en ai rarement eue. Mes enfants jouent calmement dans leur lit sans pression pour courir après un horaire. J’apprends par les informations que la lagune de Venise a retrouvé son eau claire, que des poissons reviennent. J’apprends que la Chine retrouve un air pur. Je reçois depuis quelques jours des messages d’amis, de la famille. Chacun prend soin, s’inquiète des plus fragiles. En me promenant hier, des inconnus m’ont salué, à distance respectueuse.  Vous affirmez que nous sommes en guerre. Nous avons presque le même âge, Monsieur le Président. La guerre, nous l’avons vue dans les manuels ou sur les écrans. C’est un déchainement d’énergie tournée vers l’extérieur. Elle vise à anéantir l’autre, et dévaste tout ce qui est autour. Les hommes, la nature. La guerre, c’est Hirochima, Verdun, la Syrie. Violence, destruction, dévastation. Voyez-vous cela aujourd’hui, Monsieur le Président ?  
[...]
Et pour conclure "Que cette trêve soit la chance inespérée d’évoluer rapidement vers le seul projet valable. Soyons en paix".
Vous pouvez consulter ce texte en intégralité en PDF en bas de page.

Mars 2020 - billet d'humeur et de crise

Plusieurs OLD'UP recommandent l'article de Monique Lauret :

"Que peut nous enseigner la crise chinoise du Covid-19 ?".
Dans l’épreuve le sujet chinois plie, ploie comme un roseau mais ne casse pas. Sa force intérieure vient de la sédimentation d’une pensée confucéenne et taoïste enracinée depuis deux mille ans, privilégiant l’homme dans le monde et sa société contrairement à la pensée occidentale qui privilégie l’individu. La pandémie du Coronavirus prend une dimension mondiale. Cet événement qui met en relation les scientifiques du monde entier interroge aussi la psychanalyse. Il interroge un corps qui est toujours une donnée antérieure à son traitement psychique. Nous pensons que les psychanalystes doivent relever ce défi, dire ce que cette prééminence du corps nous enseigne.
A suivre en PDF en bas de page.

Mars 2020 - billet d'humeur et de confinement de Nicole Fabre

Je vous adresse ce texte très beau qui m’a été envoyé: Texte d'un confiné de Venise : « Je vous écris d’une ville coupée du monde. Nous vivons ici dans une parfaite solitude qui n’est pas le vide. Nous prêtons chaque jour un peu moins attention à ce que nous ne pouvons plus faire car Venise, en ces jours singuliers, nous ramène à l’essentiel. La nature a repris le dessus. L’eau des canaux est redevenue claire et poissonneuse. Des milliers d’oiseaux se sont installés en ville et le ciel, limpide, n’est plus éraflé par le passage des avions. Dans les rues, à l’heure de la spesa, les vénitiens sont de nouveau chez eux, entre eux. Ils observent les distances, se parlent de loin mais il semble que se ressoude ces jours-ci une communauté bienveillante que l’on avait crue à jamais diluée dans le vacarme des déferlements touristiques. Le tourisme, beaucoup l’ont voulu, ont cru en vivre, ont tout misé sur lui jusqu’à ce que la manne se retourne contre eux, leur échappe pour passer entre des mains plus cupides et plus grandes, faisant de leur paradis un enfer. Venise, en ces jours singuliers, m’apparaît comme une métaphore de notre monde. Nous étions embarqués dans un train furieux que nous ne pouvions plus arrêter alors que nous étions si nombreux à crever de ne pouvoir en descendre! A vouloir autre chose que toutes les merveilles qu’elle avait déjà à leur offrir, les hommes étaient en train de détruire Venise. A confondre l’essentiel et le futile, à ne plus savoir regarder la beauté du monde, l’humanité était en train de courir à sa perte. Je fais le pari que, lorsque nous pourrons de nouveau sortir de nos maisons, aucun vénitien ne souhaitera retrouver la Venise d’avant. Et j’espère de tout mon coeur que, lorsque le danger sera passé, nous serons nombreux sur cette Terre à refuser de réduire nos existences à des fuites en avant. Nous sommes ce soir des millions à ignorer quand nous retrouverons notre liberté de mouvement. Soyons des millions à prendre la liberté de rêver un autre monde. Nous avons devant nous des semaines, peut-être des mois pour réfléchir à ce qui compte vraiment, à ce qui nous rend heureux. La nuit tombe sur la Sérénissime. Le silence est absolu. Cela suffit pour l’instant à mon bonheur. Andrà tutto bene." Peut être au delà de cet immense drame verrons nous poindre une lumière, une réflexion renouvelée s’amorcer."
V
ous pouvez télécharger ce texte en PDF en bas de page.

Mars 2020 - billet d'humeur de Kong et Claude Caillart

Depuis quarante jours, c'est le déluge.

Les crabes ne savent plus où donner de la pince, alors que l'écume du  rivage s'insinue dans les terres.
Maître Kong est trempé, mais il s'est réfugié sur le pédalo abandonné par les migrants. Il flotte.
La glace fond,  la terre se réchauffe. La Sibérie, la Californie, l'Australie, la Corse  brûlent. Le climat change, et la mer monte.
Porté sur les flux qui l'emporte, le vieux sage dérive dans la forêt inondée. Il  picore  au passage les fruits à sa portée.
Un corbeau croasse, annonçant la fin d'un monde. Est-ce Noé, notre patriarche, qui l'envoie ? Des colombes lui succèdent; elles se posent sur les branches, cueillent chacune un rameau d'olivier chargé de fruits, puis s'envolent.
Le Très Vénérable Kong, activant sa mémoire noyée dans le Déluge, adapte une maxime de Prévert :
- L'olive, c'est la vie; le noyau, c'est la mort; l'olivier, c'est l'amour. 
Il s'endort, mâchonnant un noyau pour oublier la soif.
Quand il s'éveille, caressé par le vent, la lumière est douce, et il plaît aux yeux de voir le soleil. Les eaux désenflent, le reflux s'amorce.
Des hirondelles annoncent le printemps. La vie va reprendre, mais les olives vont souffrir, dans la terre gorgée de sel. En attendant qu'elles renaissent, le vieux sage se contentera d'olives tombées, saumurées à point. Il va s'en trouver assoiffé, condamné à sucer le noyau apéritif.
Heureusement, Noé a planté de la vigne en débarquant de son Arche, et ils vont  pouvoir échanger : une olive en saumure contre un grain de raisin fermenté ; un boisseau d'olives contre une bouteille de Saint-Amour. Et la vie, d'un commerce devenu équitable, reprendra des couleurs.

Février 2020 - billet d'humeur "Don contre don" de Claude Caillart

Maître Kong, de tous ses yeux regarde, et ne voit rien venir. Où sont passés les dons d'antan ? Seule la brise se lève, portant un pélican poussif. Lassé d'un long voyage, il se pose. Dans sa poche de facteur, aucun courrier. No mail, no pub, no reply. Désespérant.

Sortant de l'horizon, une forme  apparaît. De loin c'est une baleine, mais de près c'est un gros cachalot, tout blanc. - Moby Dick, je présume ?, se dit  Kong. Un vieil homme en combinaison de plongée argentée, coiffé d'un bonnet rouge, s'incline :
- Je vous salue, Vénérable Kong
. Vous en êtes un autre,  et je vous rends votre salut, illustre inconnu.
- Inconnu de vous, peut-être, mais autrefois connu de tous : je suis le célèbre Commandant Cousteau.
- Votre nom me dit quelque chose, je vous ai vu à la télé, il y a longtemps, longtemps. Vous avez donc un don ?
- Oui, je viens tout exprès vous donner mon image, Vénérable ; dédicacée, en habit vert d'académicien, avec bicorne : l'uniforme des Immortels.
- Merci de ce cadeau, ce rappel de mémoire. Une image vaut plus que mille mots, dit la sagesse, mais vaut moins que cent euros. Votre proposition me touche profondément. Continuez à voguer sur les flots, Commandant, et dans l'éternité.
L'homme au bonnet rouge s'éloigne, porté par le cachalot blanc. Il rejoint sa légende, âme errant sur  les océans avec le Capitaine Achab, resté lui-aussi attaché à Moby Dick. Le cachalot, devenu leur ami, les transporte.
Maître Kong résume sa pensée sur le sable : A toute déception succède l'espérance. Et sur la poche du pélican, qui va repartir pêcher le don, il inscrit la mention : "Checks only". (A suivre)

Février 2020 - billet d'humeur SI JAMAIS VOUS RENCONTREZ MAÎTRE KONG… de Amé

Vingt-quatre décembre, fin de journée, dans la bonne maison toute en bois, l’ambiance déjà chaude depuis le matin, confine à l’ébullition !...La marche en montagne n’a pas entamé le dynamisme de…certains !

Céryx-le-chat somnole sur mes genoux. A l'aise, il veille. J'observe, j’attends.
Traditionnellement, pour la veillée de Noël, nous avons droit à une crèche vivante, toujours très animée; à la bougie qui coule, tenue de travers, par le grand-père, avant sa lecture du jour, où il se trompe régulièrement de texte! Cette fois, chacun devra parler de la nuit de Noël. Comme je passe la dernière, j’ai pu écouter, concentrée, tous les souvenirs, toutes les extravagances exprimées, sans penser, un  seul instant, à ce que je pourrais dire !
- Amé, c’est à toi !  C'est à moi ...
A cet instant précis, Céryx  tend une patte nonchalante qui vient heurter…ma tablette ! Sauvée ! Où est ce conte que j’ai aimé, qui m’a fait sourire, qui m’a fait penser ?...
Dans oldup.fr, bien sûr. J'y cherche un billet d’humeur, le plus récent de Maître Kong. Et je lis son texte de Noël, l’accueil des étrangers, la communication silencieuse, le don de ce qui lui est cher (l’âne)…
Alors dans la bonne maison, un miracle se produit : Le Silence ! Le Silence et l’écoute attentive !...
- C’est fini ?  - Oui, c’est fini !
Quelques instants d'attente, puis chacun se met en place avec son instrument, pour offrir à Maître Kong, pour offrir aux grands parents, pour s’offrir à eux-mêmes, un joyeux concert.
Si jamais vous rencontrez Maître Kong, dites-lui, s’il vous plaît, qu’il m’a sortie d’embarras ce soir-là, et que je le remercie. Mais surtout, dites-lui qu’il persiste à méditer. Lecteurs, vous y trouverez assistance et réconfort

Février 2020 - billet d'humeur Chpaltan de Slam Mamie de Brest

Mais où sont les ZAIDANTS d'antan ?

Aux abonnés absents ?
Pourquoi on ZAIDE plus ?
Parce qu'on s'aime plus  ?

Non, bien sûr, on s'aime énormément,
Mais le problème récurrent,
C'est CHPALTAN !
L'éternel argument.

A l'Hosto, soigner, panser, laver ?
Faute de personnel, c'est CHPALTAN !
En famille, visiter les Vieux, les écouter ?
Faute d'empathie, c'est CHPALTAN !

(...)

Pauvres CHPALTANS endémiques
Qui sont aussi des DÉSOLÉS chroniques.
Plaignons de tout cœur nos Gouvernants.
Leur désolation nous peine également.
Désolée, j'arrête mes boniments, CHPALTAN...CHPALTAN...CHPALTAN. Slam Mamie

Janvier 2020 - Lendemain de fête, billet d'humeur de Kong et Claude Caillart

Le vieux Kong, sur le rivage, a honoré le  Saint-Joseph. Dans son sommeil , des éléphants roses le berçaient.

Quand il se réveille, le soleil déjà haut embue les bouteilles vides.

La grève est déserte, à part un vieux crabe vert qui fait plage nette, suivi d’un goéland argenté.

Aux pieds du sage,  des étoiles de mer sont tombées du ciel.

Dans les terres, un chien aboie. La caravane est passée dans la nuit. Des rois, peut-être ?

Avec la marée, une baleine bleue s’approche, majestueuse. Un bleu pâle, presque blanc. En sort un petit bonhomme tout ridé.

-  Vénérable  Kong , je viens solliciter un don.

Sois le bienvenu sur la grève. Qui que tu sois.

  • Je suis un modeste chercheur de fonds. Cousin éloigné de Jonas , Pinocchio , et  Sinbad le Marin. Cette baleine m’a recueilli, et projeté jusqu’à toi.
  • Et qu’attends-tu de moi ?
  • Rien que de très simple : tu colles un timbre sur une étoile de mer, et tu la remets à l’eau, loin de la grève. Évidemment, sous le timbre, tu as joint une enveloppe, avec un chèque dedans .
  • C’est tout ?
  • Tu peux aussi mettre ton chèque dans la bouteille, que tu lances à la mer. C’est moins rapide, et plus dépendant des courants qui longent les grèves, incertaines.
  • A la cause des Vieux, je ne peux qu’adhérer. Compte sur mon soutien, moral et financier.

Après cet échange, le petit voyageur gris  rejoint sa baleine bleue, accompagné d’une nuée de mouettes rieuses. Sans dédain pour ce don dédié , il se promit d’adresser un reçu au Vieux Kong. donateur.

Ainsi prend fin cet appel de fonds, adressé à tous les généreux donneurs de sens.

 

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