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ACTUALITÉS CULTURELLES

Quelques mots sur le groupe

Parler, écouter, dialoguer allègrement sur des sujets culturels qui nous tiennent à cœur : chaque mois nous partons à la découverte des dernières actualités - films, expositions, spectacles, concerts - avant d’aborder le thème du jour choisi d’avance. C’est notre temps re-créatif propice aux échanges d’idées et aux émotions partagées. Ainsi, nous espérons donner envie de sortir, encourager des rencontres et des initiatives et faciliter une cohérence dynamique du groupe.

Informations pratiques

Le groupe est animé par Silvia Ertzer et Catherine Bailleux-Legrand
Contacts mails : silvia.ertzer@orange.fr et catherine_bailleux@orange.fr
Le groupe se réunit une fois par mois. Un compte-rendu est rédigé après chaque réunion. C'est à lire ci-dessous.

Retrouvez les prochaines dates en page d'accueil, rubrique "agenda", ou en cliquant ici.

 

Actualités culturelles : les rendez-vous 2022

 

Avril Honneur à la Finlande, pour la réunion du mois d'avril, nous avons découvert deux peintres finlandais exceptionnels. Compte-rendu à lire ci-dessous.

Excursion en Finlande

 

Actualités culturelles 12 avril 2022

Comme thème du jour, nous avons choisi une double excursion en Finlande pour rencontrer les deux artistes finlandais les plus célèbres au tournant du XX° siècle qui ont contribué à l’essor d’un art national finlandais. Le Petit Palais consacre la première rétrospective en France à Albert Edelfelt (1854 - 1905) et le musée Jacquemart-André présente des oeuvres d’Akseli Gallen-Kallela (1865 - 1931). Les deux expositions sont à voir jusqu’à mi-juillet.

En France un illustre inconnu, Albert Edelfelt est une gloire nationale en Finlande. L’exposition est astucieusement appelée Lumières du Nord, un phénomène naturel dont Edelfelt sait tirer les meilleurs effets. Dès l’entrée, il impressionne avec des scènes de la vie quotidienne de ses compatriotes sur fond de paysages percutés d’une lumière cristalline. En 1874, le jeune homme arrive à Paris, habité par l’idée de devenir le chef de file de la peinture d’histoire finlandaise. Mais il se tourne vers la peinture naturaliste et adopte une touche plus spontanée. Il a trouvé sa veine d’or. Il devient l’un des pionniers de la peinture de plein air finlandais. Désormais, Edelfelt vit entre l’effervescence de la vie parisienne et les étés passés en Finlande où il puise les sujets pour ses toiles de grand format. Dès 1883, Il connaît un immense succès comme portraitiste. Son coup de maître, le portrait de Louis Pasteur, pris sur le vif au milieu de son laboratoire, qu’il retranscrit avec une exactitude photographique. Dans ses dernières années, Edelfelt peint des paysages prenant un accent patriotique. Nommé commissaire général du pavillon finlandais à l’exposition universelle de 1900 à Paris, il confie la décoration à Gallen-Kallela qui couvre les voûtes avec des motifs du Kalevala.

Akseli Gallen Kallela a émerveillé le public parisien avec ses paysages indomptés de la Carélie lors de sa rétrospective au musée d’Orsay en 2012. Le musée Jacquemart-André présente maintenant Gallen-Kallela mythes et nature. Artiste aux multiples courants, Gallen-Kallela est l’un des auteurs essentiels d’une culture nationale finlandaise en plein renouveau. En 1884, le jeune Axel Waldemar Gallen part étudier à Paris. De retour en Finlande, il développe des peintures irriguées de la grande épopée populaire du Kalevala, un recueil de chants traditionnels, composé dès 1835 par le folkloriste Elias Lönnrot. Gallen-Kallela transforme la saga finlandaise en grande peinture à une période de lutte pour une indépendance de l’Empire russe, acquise en 1917. Dès 1892, il vit dans sa maison-atelier au bord du lac Ruovesi à 200 km au nord de Helsinki. Il peint des paysages dégagés de toute figure, une exaltation des contrées sauvages, un regard qui embrasse les grands espaces dans le rythme des saisons. Loin de se calfeutrer au fin fond des bois, Gallen-Kallela fréquente les avant-gardes européennes entre Paris, Berlin, Munich et Vienne. Ses paysages de silence, où l’immensité du ciel se reflète dans d’innombrables lacs, visent l’intemporel. Engagé dans une démarche spirituelle, il produit aussi des toiles saturées d’un symbolisme cosmique. Mais pour Gallen-Kallela, il y a toujours un retour aux racines finlandaises. En 1907, il reprend le nom finlandais Kallela au détriment du Gallen suédois. La Finlande a dépendu de la Suède avant d’être annexée par la Russie en 1809.

Les travaux de Diébédo Francis Kéré (56 ans), architecte du Burkina Faso, formé en Allemagne, ont piqué notre curiosité. Ce pionnier de l’architecture durable a remporté le prix Pritzker 2022, la distinction suprême du monde de l’architecture. Des échanges sur l’urbanisme, la réhabilitation de bâtiments et les enjeux de l’architecture écologique ont suivi.
Sans oublier les récits de nos sorties : Romy Schneider à la Cinémathèque française, En corps, film de Cédric Klapisch. Côté expos : Les Fantômes de Sophie Calle au musée d’Orsay, Lovis Corinth à la galerie Karsten Grève et la collection Al Thani à l’hôtel de la Marine.

Prochain rendez-vous, mardi 10 mai.
 

Mars Louis Léopold Boilly et autres découvertes, tel était le sujet de la réunion de mois de mars dont vous lirez le compte-rendu ci-dessous.

Louis Léopold Boilly et autres découvertes

 

Compte-rendu de la réunion de mars

Notre thème du jour nous a emmené à faire une extraordinaire visite de Paris en compagnie du peintre Louis Léopold Boilly (1761 - 1845). Pendant près de 60 ans, de la Révolution française au règne de Louis Philippe, Boilly croque avec malice les foules bariolées de ses contemporains flâner sur les boulevards, se bousculer devant les théâtres, fréquenter cafés et jardins publics en quête de divertissements. Le musée Cognacq-Jay retrace sa carrière foisonnante dans l’exposition Boilly Chroniques parisiennes. Ses Portraits de poche de la nouvelle bourgeoisie parisienne comme des personnalités de passage, rapidement peints à l’huile en une séance de deux heures, lui ont assuré une réputation universelle. Fin portraitiste, caricaturiste inspiré, Boilly est aussi un virtuose de l’art du trompe-l’oeil autant qu’un pionnier de la lithographie en France, bref un artiste aux multiples talents et ambitions qui a séduit de son vivant grand public et collectionneurs. A découvrir sans modération jusqu’au 26 juin.
En 1785, tout fringant du haut de ses 24 ans, il quitte son patelin proche de Lille et part à la conquête de la capitale. Boilly, grand maître de la feinte, se met en scène dans d’innombrables autoportraits pleins de dérision, reflets du tumulte des époques qu’il traverse.
Curieux du monde qui l’entoure, Boilly fait une sorte de recensement de la société parisienne en pleine mutation. Avec un luxe de détails et une touche méticuleuse, il campe les rues animées de Paris, véritable théâtre à ciel ouvert. La Marche incroyable, en 1797, montre un défilé hétéroclite d’élégants et de pouilleux, tous désormais citoyens de la République en marche. Tout un roman-feuilleton se déroule en 1803 à l’Arrivée d’une diligence dans la cour des Messageries. Sous l’Empire, il s’attarde sur la traversée d’une rue inondée après une averse. En 1832, il brosse avec Scène du carnaval un vaste panorama du boulevard Saint Martin, multipliant fêtards masqués et grappes de spectateurs. Boilly livre en même temps une image quasi photographique de la ville contemporaine. En 1839, Louis Jacques Daguerre saisira la première photo de badauds sur le boulevard du Temple.

Flâner dans Paris, quel délice. Evidemment, cela fait partie de notre culture. Voici notre  florilège de mars : marcher dans le Marais, entrer dans la galerie des Filles du calvaire et se faire surprendre par les grands formats de James Hyde (64 ans). Dans l’exposition Going public sculpture, l’artiste américain joue avec une palette de différents matériaux, photos, images virtuelles et peinture. Puis continuer Rive gauche. Sous le titre Je suis la règle, la galerie Kamel Mennour, présente des toiles de la peintre Judit Reigl (1923 - 2020) : des formes austères et des projections puissantes des années 1960 à 2020. Et pourquoi ne pas poursuivre avec une séance de ciné ? Nous avons vu et bien aimé Maigret, réalisé par Patrick Leconte avec Gérard Dépardieu.

Richement illustrée par 280 oeuvres et documents venus du monde entier, l’impressionnante exposition Juifs d’Orient à l’Institut du monde arabe, a occupé une large partie de nos échanges. Elle met en lumière l’histoire multi-millénaire des communautés juives dans le monde arabe autant que les dialogues entre cultures juive et musulmane.

Nous nous retrouverons le mardi, 12 avril.
 

Février La réunion du 8 février était intitulé A la recherche de J. Beuys et d'autres contes étranges. L'occasion d'explorer quelques pistes qui ont stimulé l'imagination d'artistes de tous bords. Lire le compte-rendu ci-dessous.

A la recherche de J. Beuys et d'autres contes étranges

Compte-rendu de la réunion du 8 février 2022

Notre thème du jour A la recherche de J. Beuys et d’autres contes étranges, nous a permis d’explorer quelques pistes qui ont stimulé l’imagination d’artistes de tous bords.

Le MAM, Musée d’art moderne de la ville de Paris, présente encore jusqu’au 27 mars, Ligne à ligne - feuille à feuille pour commémorer le centenaire de la naissance de Joseph Beuys (1921 - 1986), figure controversée, mais incontournable de l’art allemand d’après-guerre.
L’exposition réunit plus d’une centaine de dessins, aquarelles et compositions végétales de la collection de la famille Beuys couvrant toute la carrière de l’artiste. Ses explorations de formes, ses croquis hâtifs, ses lignes simples, ont occupé une place centrale dans la pratique de l’artiste. Pour Beuys,« le dessin est la prolongation de l’idée». Beuys traite les pensées comme des procédés plastiques. Ses dessins faussement anodins, une feuille de noisetier, un squelette de phoque, un cerf mort, un jeune lapin, un tambour de chaman, seront donc des signes préliminaires de futures actions spectaculaires comme I like America and America likes me, réalisée en 1974 à la galerie René Block à New York. Le visiteur découvre la vidéo à la fin du parcours : pendant trois jours, muni d’un bâton de berger et protégé d’une cape de feutre, Beuys cohabite dans une cage avec un coyote.
En 1963, il utilise la graisse comme matériau pendant sa première action avec le mouvement Fluxus qui prône l’abolition des frontières entre l’art et la vie. Beuys élargit le concept à toute la société et développe la notion de sculpture sociale, car «  L’art est la seule force révolutionnair ». Beuys soigne avant tout sa propre légende d’artiste guru de la post-apocalypse, conscient d’une mission rédemptrice.
En 1979, la retrospective au musée Guggenheim de New York le fête comme le plus grand artiste européen vivant. Au même moment, en Allemagne, il fait la une de l’hebdomadaire Der Spiegel : « Beuys, charlatan ou génie ? »
L’une de ses toutes dernières installations fait partie des oeuvres VIP du Centre  Pompidou. Plight (1985) est un espace tapissé de colonnes de feutre, au milieu un piano à queue mis en sourdine. Le mot anglais pliqht, correspond à un état critique : on se relève d’un traumatisme pour reconstruire, libérer son pouvoir créatif.
En 2021, des polémiques se réveillent avec la publication du quatrième volume d’une biographie Beuys de Hans Peter Riegel.

Ce jour-là, à l’émission Matinale de France musique, Pascal Quignard parle de son nouveau roman L’Amour la mer sur fond de musique baroque. Cette vertigineuse histoire d’amour est plantée au milieu du XVII°siècle.« Il faut peut-être en musique, en amour, une sorte de nostalgie plus vaste que la joie, que le plaisir donné, un souvenir qui anime. »

Catherine Meurisse, première autrice de bande dessiné élue à l’Académie des Beaux arts, raconte son parcours lors d’une des Masterclasses de la Bibliothèque nationale de France. Pour elle, la bande dessinée, une oeuvre visuelle où s’imbriquent écriture et dessin, est un art à part entière. «  Dessiner c’est quelque chose qui résonne à l’intérieur et a besoin de sortir, mot ou image. » comme dans son récent album La jeune femme et la mer, né après deux voyages en Japon. Meurisse, ou plutôt son double crayonné, se promène dans une nature vibrante et belle comme les images des grands maîtres de l’estampe de l’ukiyo-e : un voyage hors du temps plein de pirouettes fantasques et une méditation sur l’art et l’art de créer.

Nous avons beaucoup parlé « cinéma », sautant de Presque avec Bernard Campan et Alexandre Jolien aux Les leçons de piano de Vadim Perelman.

Prochain rendez-vous, le mardi 8 mars.
 

Janvier La réunion du 11 janvier s'était donné un ordre du jour ambitieux : Les arts, fenêtres ouvertes sur le monde. Compte-rendu détaillé ci-dessous.

Les arts, fenêtres ouvertes sur le monde

Actualités culturelles 11 janvier 2022

Pour notre premier rendez-vous de 2022, nous avons choisi un thème du jour ambitieux : Les Arts, fenêtres ouvertes sur le monde, inspiré par les lumineuses créations végétales d’Duy Anh Nhan Duc, artiste franco-vietnamien de 39 ans, au musée Guimet. Quand le visiteur arrive à la Rotonde, au 4e étage, il entre dans un jardin enchanté. Les larges baies vitrées, qui inondent l’espace de clarté, ouvrent le regard sur le monde, la ville, la tour Eiffel à l’horizon. Dedans,
Le Parloir des souhaits, où de plumeuses bulles de pissenlits défilent sur de hautes tiges. Si la carte blanche donnée à l’artiste se comprend comme une invitation à renouer avec le vivant, il est bel et bien question d’écologie. Sur un bout de sol en argile desséchée gît une calebasse fendue dans laquelle germe un gland de chêne : Les Racines du ciel.

Picasso à la Porte dorée ? Une exposition engagée où l’art et les questions d’actualité s’imbriquent. Picasso, l’étranger au Palais de la Porte dorée n’a rien d’une rétrospective d’oeuvres d’art. Ce bâtiment-monument, érigé en 1931 à la gloire de la France colonialiste et civilisatrice, a été successivement rebaptisé musée des Colonies, de la France d’outre mer, des Arts d’Afrique et d’Océanie, avant d’accueillir en 2007 le musée de l’Histoire de l’immigration. Nommé en février 2021, son nouveau directeur dynamique, Pap Ndiaye (56 ans) veut en faire un grand lieu civique en programmant des expositions populaires sur la colonisation, l’environnement et l’immigration. Selon le Journal du Palais, la destinée de Picasso s’inscrit pleinement dans le grand récit de l’histoire de l’immigration en France.
L’exposition est un condensé illustré du livre Un étranger nommé Picasso, lourd de 748 pages, de l’historienne Annie Cohen-Solal : une quête qui retrace l’histoire complexe qui lie la France et Picasso, immense figure de l’art du XX° siècle.
En 1900, le gamin espagnol de 19 ans, surdoué et affamé de gloire, débarque à Paris. Surveillé par la police, espionné par des mouchards, il est fiché comme anarchiste dès 1901. Le premier rapport est bouclé par un commissaire de police zélé qui a ce métèque au regard sombre dans le collimateur. Picasso est hébergé à Montmartre, quartier populaire et mal famé, par un Catalan réputé anarchiste et violent. De plus, il peint des saltimbanques, des mendiants et des prostitués. Conclusion du commissaire, c’est forcément un étranger dangereux qui partage les idées de son compatriote.
Toute sa vie, Pablo Picasso (1881 - 1973) reste un émigré suspect. Les surveillances des Renseignements généraux continuent pour culminer en 1940 dans la France de Vichy. Picasso vit en France depuis 40 ans quand il demande sa naturalisation, qui lui est refusée. Annie Cohen-Solal a trouvé l’auteur du rapport du 7 mai 1940 : un enquêteur de la sûreté nationale, un collabo actif dans une cellule clandestine de la préfecture de police. Il a repris tels quels les rapports de 1901, 1911 et 1932. Piètre peintre du dimanche, il a dénoncé « cet étranger qui s’est fait en France, dans la peinture dite moderne, une réputation lui permettant de gagner des sommes considérables. »  Après la Libération, Picasso, désormais artiste du monde, n’a plus besoin de nationalité. Quand la France la lui offre en 1958, il la refuse.

Nous avons vu et aimé :

Expositions : Sur le motif : peindre en plein air à la Fondation Custodia. 150 études à l’huile réalisées entre 1780 et 1870 par de grands peintres paysagistes comme Valenciennes, Isabey, Turner, Constable ou Corot et Rosa Bonheur. Des petits formats pour exercer l’oeil et la main en croquant une cascade, un roc, un bois de hêtres, un ciel d’orage.

Cinéma :  En attendant Bojangles, adaptation du roman d’Oliver Bourdeaut. Une histoire d’amour fou et fantasque portée par Virginie Efira et Romain Duris.

Théâtre : Adieu Monsieur Haffmann, les dernières représentations au théâtre Tristan Bernard avant que la pièce de Jean-Philippe Daguerre ne sorte, fortement modifiée, au cinéma. Paris sous l’Occupation. Un bijoutier juif, conclue un étonnant pacte avec son employé. Une pièce qui parle d’amour, de courage et de peur.

Nous nous retrouverons, le mardi 8 février.

 

 

Actualités culturelles : les rendez-vous 2021

Décembre La dernière réunion de l'année était consacrée à la fabuleuse collection Morozov, présentée à la Fondation Louis Vuitton jusqu'au 22 février prochain. Pour lire le compte-rendu de cette réunion, cliquer ci-dessous.

La collection Morozov

Actualités culturelles 14 décembre 2021

Pour finir l’année en beauté, nous avons choisi la fabuleuse Collection Morozov comme thème du jour. Au début du XXe siècle, les frères Morozov ont réuni des centaines de chefs-d’oeuvre d’une modernité frappante où se croisent l’art français et des oeuvres russes. Quelque 200 de ces icônes de l’art moderne, éparpillées depuis des lustres entre la galerie nationale Tretiakov et le musée Pouchkine à Moscou ainsi que le musée de l’Ermitage à Saint Petersbourg, sont maintenant présentées ensemble. A voir jusqu’au 22 février 2022 à la Fondation Louis Vuitton.

MikhaÏl Morozov (1870 - 1903) ouvre la collection à Gauguin et Van Gogh. Ivan (1871 - 1921), qui gère le puissant empire textile familial, aime la couleur, les paysages, les peintures lumineuses. Il commande à Pierre Bonnard l’immense triptyque La Méditerranée inondé d’une lumière dorée. Ensuite des Monet à volonté. Le plus somptueux : Waterloo bridge, effet de brouillard en mauve et rose. Ici et là intercalés des impressionnistes russes. Gauguin entre Arles et Tahiti : Nave  Nave Moe, Eau délicieuse. Sensualité et mystère.
Parmi les pièces maitresses de l’avant-garde russe : Verger en automne de la jeune Natalia Gontcharova. Kazimir Malevitch, portraitiste, encore redevable au cubisme de Picasso. Que trois Picasso dans la collection. Mais des oeuvres clefs : période bleue, période rose et le portrait cubiste d’Ambroise Vollard en multiples facettes grises. Ah, les Fauves : Marquet, Vlaminck, Derain, Dufy, Signac.
Et puis 17 glorieux Cézanne dont La Montagne Sainte-Victoire. Sa masse claire se détache, précise et légère, au dessus de tout le reste. Le sublime Paysage bleu proche de l’abstraction. Matisse avec une série de natures mortes, d’abord académique, avant que les toiles commen-cent à vibrer pour s’épanouir dans une farandole de couleurs vives : Fruits et bronzes. Viennent les splendeurs du Triptyque marocain, une rapsodie en bleu outremer, turquoise, azur.
Suivent quelques douceurs. La Toilette, femme s’essuyant, délicatement tracée au pastel par Edgar Degas. L’Historie de Psyché tout en sucre de Maurice Denis.
En 1903, Ivan Morozov achète ses premiers tableaux impressionnistes. Dès lors, jusqu’à la guerre de 14 - 18, chaque année, il fait le tour des grands marchands d’art parisiens. En dix ans, il réalise son audacieux projet de rassembler des oeuvres représentatives des courants de l’art contemporain. Sa prestigieuse collection est nationalisée par les bolcheviques en 1918. En 1919, il se réfugie en Suisse, ensuite en France. Il meurt en 1921 à 49 ans.

Et puis, nous avons étalé nos butins glanés lors de nos sorties. Côté expositions : Signac, collectionneur au musée d’Orsay. Des toiles pointillistes, des fameux « noirs » de Seurat, les couleurs vives des Nabis et des Fauves. Un régal. S’émerveiller devant des mondes enchanteurs d’Eva Jospin, sculptés dans le carton. Galleria, entre songe et réalité, investit tous les espaces du musée de la Chasse et de la Nature. Aller au théâtre Montparnasse et suivre, ravie, l’histoire, basée sur des faits réels, de Marie des Poules, gouvernante de George Sand. Voir comment une jeune paysanne s’affirme à travers l’éducation, le langage, la parole, les mots. Brillante interprétation de Béatrice Agenin. Cinéma : Madres paralelas/Mères parallèles de Pedro Almodovar avec Penélope Cruz : émotions fortes garanties.
Et pourquoi pas, tout simplement se promener, entrer à l’improviste dans une de ces églises
insignifiantes vues du dehors qui hébergent des trésors : Notre Dame du Travail de Plaisance
bâtie en 1901. La nef, un vaisseau métallique de 135 tonnes de fer et d’acier rappelant la tour Eiffel. Sainte-Rosalie et sa remarquable orgue 1900, construite par Charles Mutin, successeur d’Aristide Cavaillé-Coll, l’un des plus importants facteurs d’orgues du XIXe siècle.

Prochain rendez-vous : mardi 11 janvier 2022.
 

Novembre Le thème de la réunion de novembre : Voyage en terre inconnue. Découvrir le compte-rendu en cliquant ci-dessous.

Voyage en terre inconnue

Actualités culturelles du 9 novembre 2021

Avant de partir en Voyage en terre inconnue, comme prévu par le thème du jour, nous avons vagabondé sur d’autres chemins. Alors que se déroulait le sommet climat COP26 à Glasgow, nous nous sommes arrêtés à la Fondation Villa Datris, Paris 20e. Dans cet espace d’exposition dédié à la sculpture contemporaine, 25 artistes présentaient sous le titre Recyclages-Surcyclages leurs travaux crées à partir d’objets de récupération. Insolite !
Ensuite au musée d’Orsay : Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France (1833 - 1907). L’exposition raconte la naissance d’un regard quand l’image choisit le mouvement ( magnifiques toiles de Monet et de Caillebotte). Pour nos cinéphiles, l’occasion de réviser leurs classiques. Les films burlesques de Buster Keaton, l’homme qui ne rit jamais. Le mythique La Dame de Shanghai (1947) avec Orson Welles et Rita Hayworth. Goupi Mains Rouges (1943) de Jacques Becker qui réalise en 1952 Casque d’Or avec Simone Signoret.
Et puis, la rétrospective Georg Baselitz au Centre Pompidou. Six décennies, toute une vie de peinture, de l’artiste allemand de 83 ans. Des toiles d’une violence expressive. Des toiles inversées, sa manière de se positionner face au monde. Evidemment, pour Baselitz, l’art n’est pas un objet décoratif.
Et maintenant, l'impressionnante rétrospective au Petit Palais : Ilya Répine. Peindre l’âme russe. A voir jusqu’au 23 janvier 2022. Formé au style de l’idéalisme classique à l’Académie des Beaux Arts de Saint Petersbourg, Ilya Répine (1844 - 1930) fait un carton avec un sujet typiquement russe, Les Haleurs de la Volga (1870/73). Ces bourlaki, attelés tels des bêtes de trait, semblent tirer tout le fardeau de la nation. Au fond à droite, un détail inattendu : une petite fumée sur l’eau, un vapeur. Peint avec un sens dramatique scrupuleusement réaliste, la toile reflète les élans idéaux de l’époque. Répine reste longtemps dans le sillage du mouvement des Ambulants et de leur réalisme social engagé.
Dès les années 1880, il commence un cycle de grandes compositions. Ces illustrations de l’histoire mouvementée de sa patrie sont devenues des icônes nationales. La bande hilare Les Cosaques zaporogues. La violence hallucinante dans le regard du tsar Ivan qui tue son fils dans une crise de rage. La magistrale Procession religieuse dans la province de Koursk. Un reportage de la vie populaire ancrée profondément dans les traditions. Un reliquaire majestueux, porté par des fidèles, passe à droite. Au centre, une riche bourgeoise endimanchée tient fermement son icône. A gauche, une cohue de pauvres et de mendiants. L’un d’eux sort du lot, un jeune bossu, le visage illuminé.
Fin portraitiste, Répine saisit à merveille l’instant fugitif, un geste, une pose, un cadrage qui rendent ses toiles si vivantes. Il peint une ravissante série d’images de ses enfants. Il livre aussi un formidable panorama des élites culturelles : Léon Tolstoi, les pieds nus. Modeste Moussorgski, terriblement marqué par la maladie et l’alcool.
Dans beaucoup de ses tableaux, Répine embrasse les tensions sociales et politiques qui parcourent la société russe. Il peint des activistes anti-tsaristes exilés et emprisonnés et exécute en même temps des commandes officielles de la cour. Techniquement parfaitement réalisé, Répine montre le tsar Alexandre III - celui qui a ordonné les vagues de répression des narodniki - au milieu du petit peuple. Un style qui engendrera un jour le réalisme socialiste soviétique.
Répine passe ses dernières années dans sa propriété en Carélie. Après la Révolution d’octobre de 1917, la région est récupérée par la Finlande. Finies les légendaires réceptions du mercredi avec des artistes et intellectuelles russes. Répine décline l’invitation de Staline à rejoindre la Russie bolchevique. Son ultime tableau est en hommage à la Russie éternelle : Le Gopak, danse des cosaques zaporogues (1926/1930).

Pour clore l’année 2021, nous nous retrouverons mardi 14 décembre.

Octobre   Notre thème du jour, "mettre la main à la pâte", inspiré par une expérience vécue, a entraîné de vifs échanges. Lire le compte-rendu de la réunion en cliquant ci-dessous.

La main à la pâte

 

Actualités culturelles du 12 octobre 2021

Notre thème du jour,« Mettre la main à la pâte » inspiré par une expérience vécue, a entraîné de vifs échanges : L’artiste Prune Nourry (36 ans) l’a fait littéralement dans son Projet Phénix présenté à la galerie Templon, 30 rue Beaubourg, Paris 3e. Elle a sculpté, les yeux bandés, des bustes de huit modèles aveugles. Suivant un itinéraire dans l’obscurité totale, la main droite sur une corde pour avancer, le visiteur va « voir » ces portraits en terre cuite en les touchant, palpant avec ses mains. Constat unanime : le noir absolu sans repères est déstabilisant. Le parcours a été entrecoupé par une vidéo qui raconte les rencontres entre la sculptrice et ses modèles. Ces aveugles y assurent « tu vois toujours, sauf, tu ne vois pas avec tes yeux. Tu vois avec tes oreilles, tes doigts. ». Coïncidence heureuse : le Prix Nobel de médecine venait d’être attribué à deux chercheurs pour la découverte de capteurs sensoriels. Les lauréats, l’Américain David Julius, et le Libano-Américain Ardem Patapoutian, ont, selon le comité Nobel, « dévoilé l’un des secrets de la nature, les mécanismes qui nous permettent d’être doués du sens du toucher. » Et nous l’avons bien testé.

Etre touché par une exposition qui aiguise le regard et réveille les papilles artistiques : Chaïm Soutine/Willem de Kooning. La peinture incarnée au musée de l’Orangerie, conçu dans le but de déceler comment de Kooning a été marqué par la peinture de ce fou de Soutine. A voir jusqu’au 10 janvier 2022.

En 1912, Chaïm Soutine (1893 - 1943) quitte sa Russie natale et se mêle à la bohème de Montparnasse. Il jette un tourbillon de visions tourmentées sur la toile : Grotesque, Autoportrait ou Le Petit Pâtissier, assis comme un prince dans la pose frontale des grands portraits des maîtres anciens que Soutine admire tant. Les paysages qu’il rapporte de ses séjours au Midi planent à la limite de l’abstraction. La Colline à Céret : la surface devient une masse effervescente. Les tableaux s’embrasent, lâchent toute la splendeur de la couleur, des rouges vermillon, cinabre, des bleus puissants, et puis les rouges sanglants des carcasses suspendues. Boeuf et Tête de veau : le motif se noie dans un magma de lignes et de couleurs. L’action de peindre produit la chair du monde.

Willem de Kooning (1904 - 1997), d’origine néerlandaise, débarque en 1926 à New York à la quête d’un avenir prometteur. Entouré de ses potes Rothko, Pollock et Barnett Newman, il fait partie des artistes qui imposent la nouvelle peinture américaine, l’expressionnisme abstrait. Fasciné par Picasso, sa vision artistique danse entre figuration et abstraction. La rétrospective de Soutine au MoMa de New York en 1950, suivie d’une visite à La Fondation Barnes à Philadelphie, lui donnent une impulsion définitive. Il dit être fou de Soutine, il a tout vu et assimilé. Cette expérience le mènera vers son légendaire et provocateur cycle des Woman/Femmes et plus loin encore vers la fluidité grandiose des oeuvres des années 1970/80.

Le corps massif et féroce de Woman II, malmené par des coups de brosse passionnés, de traces colorées , frottis, taches, stries. Peu à peu, la femme est engloutie par le paysage, Woman in landscape III, où elle flotte dans un halo coloré comme un reflet dans l’eau. Dans Woman Sag Harbor la toile vibre sous l’effet d’émotions d’une sensualité franche. Entre 1969 et 1974, de Kooning met la main à la pâte dans une série de sculptures : Pêcheur de palourdes. Une façon de saisir, après coup, les corps peints à pleines mains.

Nous avons aussi évoqué le Festival mondial des Théâtres de Marionnettes à Charleville-Mézières et l’exposition Paris-Athènes. La Naissance de la Grèce moderne ( 1675 - 1919 ) au Louvre.

Septembre  Une passionnante nouvelle saison nous attend cette rentrée pour sortir, aller voir en vrai, « goûter, toucher, humer, vivre cette expérience physique, charnelle, sensible, des autres et du monde », comme le promet Lydie Salvayre dans son nouveau roman Rêver debout (Seuil). Retrouvez le compte-rendu de cette réunion de rentrée en cliquant ci-dessous.

Des cerisiers en fleurs

Actualités culturelles 14 septembre 2021

Une passionnante nouvelle saison nous attend cette rentrée pour sortir, aller voir en vrai, « goûter, toucher, humer, vivre cette expérience physique, charnelle, sensible, des autres et du monde », comme le promet Lydie Salvayre dans son nouveau roman Rêver debout ( Seuil).

Emballé ou pas de voir l’Arc de Triomphe habillé par 25 000 m2 de tissu bleu au reflets argentés, l’ultime projet de Christo (1935 - 1920), devenu un imposant paquet-cadeau posthume, était déjà fin prêt pour les Journées du Patrimoine les 18 et 19 septembre. Egalement dans la catégorie XXL, Big John, un tricératops géant, à voir 13 rue des Archives. Le squelette de ce dinosaure vieux de plus de 66 millions d’années, sera ensuite mis aux enchères à l’Hôtel Drouot.

Avec notre thème du jour, nous sommes restées dans l’extravagance. Jusqu’au 2 janvier 2022, la Fondation Cartier pour l’art contemporain montre Cerisiers en fleurs : 30 peintures à lhuile, puisées dans la série des 107 toiles, toutes en format superlatif, de lartiste britannique Damien Hirst (56 ans). Depuis 30 ans, Hirst, trublion de lart contemporain, pratique lart de déstabiliser le public avec ses oeuvres spectaculaires, tout en sassurant un large cercle de collectionneurs. Alors, quand il revient avec des images apparemment bucoliques, cela intrigue.

L’exposition parle, selon l’artiste, de beauté, de vie et de mort. Dans son verger artificiel, on ne voit d’abord que des houppes saturées de teintes douces ou le vrombissement d’un rouge pourpre. En s’approchant, le regard distingue lassaut de la matière, la juxtaposition de touches, des macarons blancs écrasés, des giclées désordonnées de peinture. Ici et là apparaissent des rameaux envahis par des points de couleur dessinant une charpente derrière laquelle s’ouvre un ciel bleu. Aux cimes, l’enchevêtrement des branches crée une grande structure de 5,50 m x 7,30 m : une vision où « fleurit La Vallée de lOmbre de la Mort ».

Dans le court film 360°, tourné par la Fondation, Hirst se met en scène : vue sur un atelier gigantesque, un hangar, une usine à peindre. On le voit s’affairer, travailler sur les plus grandes pièces de la série, manier le pinceau, toucher la toile, savourer la spontanéité du geste. Pendant trois ans, entre 2017 et novembre 2020, il va répéter le spectacle fleuri d’un printemps éternel. Un désir dimmortalité ? Mais l’éclosion des fleurs cache une image accélérée de la mort. Son sujet de toujours. Tout culmine avec le triptyque Sakura Life Blossom/Sakura Fleur de vie, qui invoque la sensibilité esthétique japonaise. « Fleur de cerisier en vérité ne dure, mais sa renommée passe toute autre, dit-on » écrit l’écrivaine japonaise, dame Murasaki Shikibu, au XIe siècle dans son roman Le Dit de Genji. Quoi que Hirst concoctera ensuite, il a planté une cerisaie et on s’en souviendra.

Changement radical de style avec l’exposition L’Heure bleue du peintre danois Peder Severin Kroyer (1851 - 1909) au musée Marmottan. Excellent portraitiste, chroniqueur intimiste de son cerce d’amis et témoin des labeurs des pêcheurs de Skagen, village de la presqu’île de Jutland au nord de Danemark. Kroyer peint des plages lumineuses, la mer scintillant dans le soleil de l’après-midi et lambiance exquise qui préside les crépuscules : l’heure bleue, instant voluptueux quand la mer confond son bleu avec le bleu du ciel.

Coté cinéma, nos membres ont aimé Boîte noire avec Pierre Niney : une enquête haletante après un crash d’avion. Drive my car, film de trois heures du réalisateur japonais Hamaguchi : extraordinaire jusqu’à la dernière scène. Serre-moi fort de Mathieu Amalric : sa façon lancinante de raconter l’histoire d’une femme qui s’en va.

Inquiétude pour le patrimoine afghan et ses nombreux sites archéologiques.

Nous nous retrouverons le mardi 12 octobre.

Juin  La plupart des restrictions sanitaires levées, nous avons sorti notre panier du marché pour faire des emplettes de produits culturels frais. L’offre était abondante et goûteuse. A découvrir en cliquant dans le rectangle bleu.

Produits culturels frais !

Actualités culturelles 15 juin 2021

La plupart des restrictions sanitaires levées, nous avons sorti notre panier du marché pour faire des emplettes de produits culturels frais. L’offre était abondante et goûteuse :

Ouverture est le titre emblématique de l’exposition inaugurale de la Collection Pinault à la Bourse de commerce, l’ancienne halle aux blés du XVIIIe siècle remodelée en un temple de l’art contemporain. On est saisi par l’élégance architecturale et chamboulé par des oeuvres stupéfiantes. Que dire de l’installation de Ryan Gander, artiste conceptuel britannique : une souris a grignoté le mur. Son minuscule visage mécanique bouge, elle parle avec une voix de petite fille. Pour bien la voir, il faut se baisser, se remuer. Et tout à coup, lart devient quelque chose de ludique, de vivant : une ouverture.

C’est parti pour une immersion visuelle et sonore dans le coeur de la foret amazonienne à la Philharmonie de Paris. Pour Amazonia, le photographe brésilien Sebastiao Salgado a capté de vastes paysages et des portraits idylliques de peuples autochtones, pendant que, ailleurs, la forêt brûle. Suit une plongée délicieuse dans LEmpire des sens au musée Cognacq-Jay. Soupirs, baisers, étreintes, regrets racontent le feu de l’amour voluptueusement évoqué par des grands artistes du XVIIIe siècle, de Boucher à Greuze.

Une échappée rafraîchissante au musée dOrsay : Modernités suisses 1890 - 1914. Les paysages bleutés de Ferdinand Hodler évidemment, les couleurs expressives de Giovanni Giacometti, papa d’Alberto et de Diego. Et beaucoup de belles découvertes comme les lumineuses toiles de Martha Stettler ( 1870 - 1945 ). Native de Berne, active à Paris sa vie durant, elle a fondé en 1904 l’Académie de la Grande Chaumière, devenue à ce jour un vivier de jeunes artistes du monde entier. Et depuis, Marthe a été boudée par l’histoire de l’art.

Ce qui nous amène au plat de résistance : Elles font l’abstraction, formidable exposition au centre Pompidou qui met en lumière la puissance créative de 106 artistes femmes, leur part capitale, mais si souvent minimisée, qu’elles détiennent dans cette révolution artistique. Alors, au Centre, on a mis le paquet : plus de 500 oeuvres dans toutes les techniques imaginable allant des années 1860 à la fin des années 1980. En tête, la Suédoise Hilma af Klint ( 1862 - 1944 ) et ses constructions radicalement abstraites dès 1906. Dans la profusion des grands noms : les magiciennes de la couleur: Sonia Delaunay-Terk, Georgia OKeefee et Joan Mitchell. Ensuite, une avalanche de créations audacieuses de peintres, sculptrices, cinéastes, performeuses, photographes, tisserandes, danseuses aux avants postes de l’art.

En 1969, Lynda Benglis (1941, 79 ans ) renverse de la peinture au latex à pleins pots, inventant ses fallen paintings/peintures déchues. Les Bichos/béstioles de la Brésilienne Lygia Clark ( 1920 - 1988 ), des sculptures modulables, se plient et se replient tels des géants origamis métalliques. L’artiste argentine Martha Boto ( 1925 - 2004 ) réalise des sculptures cinétiques : Essaim de reflets, un jeu de surfaces réfléchissantes, comme mues par un vent stellaire. Lenore Tawney ( 1907 - 2007 ) suspend ses sculptures textiles librement dans l’espace. En 1974, elle tisse Union of water and fire/L’union de l’eau et de feu avec des brins de lin et des fils de pêche. Vera Molnar ( 1924, 97 ans ) se lance dès 1968 dans une peinture systématique à l’aide d’un ordinateur. De sa « machine imaginaire » sortent des compositions géométriques : le MolnART. Dans le vidéo Timing/chronométrie, l’artiste conceptuelle hongroise Dora Maurer ( 1937, 84 ans ), plie un drap de lin à de multiples reprises. La séquence se répète. Pendant dix minutes elle mesure

le temps dans une série d’images abstraites.

 

Mai  Nous nous sommes retrouvés en vrai, quoique toujours masqués, pour une partie de jeu de loie. Nous avons symboliquement tiré les dés pour franchir les 63 cases du parcours du jeu plein de curieux ricochets.   Nous étions assoiffés de trouver un peu de gaieté, de fraîcheur, d’audace en attendant que galeries, musées et cinémas rouvrent leurs portes le 19 mai.... Vous pouvez lire le compte-rendu en cliquant dans le rectangle bleu ou en téléchargeant le PDF en bas de cette page. 

Jeu de l'oie

Nous nous sommes retrouvés en vrai, quoique toujours masqués, pour une partie de jeu de loie. Nous avons symboliquement tiré les dés pour franchir les 63 cases du parcours du jeu plein de curieux ricochets.   Nous étions assoiffés de trouver un peu de gaieté, de fraîcheur, d’audace en attendant que galeries, musées et cinémas rouvrent leurs portes le 19 mai.

Malicieux comme Le Chat, héros de BD du dessinateur belge Philippe Geluck, qui déambule en 20 exemplaires géants en bronze sur les Champs Elysées, les galeries ont trouvé des parades. Loeve & Co, rue des Beaux Arts, ou Perrotin, rue de Turenne, se sont métamorphosés pour quelques semaines en librairie d’art. Vraiment peindre, le livre d’entretiens du peintre Gérard Garouste avec Catherine Grenier ( Seuil, mars 2021 ) a annoncé l’exposition de ses toiles à la galerie Templon, 28 rue du Grenier St Lazare. Correspondances avec Marc Alain Ouaknin a été présenté en avant-première en visite numérique sur le site de la galerie.

Si on chasse l’art par la porte, il revient par la fenêtre. Au quartier de Saint Germain des prés. les galeries des rues des Beaux-arts et de Seine se sont auto-déclarées lieux essentiels d’évasion. 

Sous le thème Le Visage découvert, elles ont exposé en avril des oeuvres choisies dans leurs vitrines. Parmi elles, plusieurs des principales galeries parisiennes spécialisées dans les arts premiers. Dans leurs devantures une magnifique série de masques rituels. Chez JP Meyer une intrigante structure haute de 125 cm sculptée et peinte : masque de cérémonie funéraire

Malagan de la Nouvelle Irlande abritant un casoar sur une féroce tête d’homme. Chez Entwistle une forte tête : masque Murik Iewa, Papouasie Nouvelle Guinée. Les délicats traits d’un masque Punu/Tshanghi du Gabon à la galerie JB Bacquart. Un visage scarifié d’un masque Baoulé, Côte dIvoire chez Lecomte.

Petit rappel : dès 1905 l’art nègre bat son plein à Paris. Picasso y cherche des formes intéressantes. Les artistes davant-garde se tournent vers le souffle revigorant des ces objets venus de loin et se mettent à les collectionner avec frénésie.

La galerie de Lucas Ratton a exposé un masque esprit Inuit/Yupik Alaska haut de 80 cm. Son grand-oncle, Charles Ratton ( 1895 - 1986 ), collectionneur et marchand d’art tribal a fait partie des explorateurs du regard qui vont reconnaître dans ces « objets sauvages » des chefs-d’oeuvres à part entière. En 1936, son Exposition surréaliste d’objets, est devenue mythique.

Que voit-on donc ? d’où vient l’émerveillement devant l’étrangeté et la force plastiques des pièces ?  Dans le petit volume La Voie des masques  ( Agora / Pocket ) Claude Lévi-Strauss (1908 - 2009 ) évoque l’art des tribus indiennes de la côte nord du Pacifique qui va depuis l’Alaska jusqu’à la Colombie britannique «  des sculptures dune imagination subtile et poétique des Tlingit, les oeuvres monumentales et pleines de vigueur des Haida, la sensibilité plus humaine des Tsimshian », dont la galerie Flak a montré un très beau masque portrait datant vers 1850, autrefois encore dans la collection d’André Breton. Et Lévi-Strauss continue  « Ces masques de danse, empreints de mystère et d’austérité, attestaient l’omniprésence du surnaturel et du pullulement des mythes. Bousculant la placidité de la vie quotidienne, ce message primitif reste si violent que l’isolement prophylactique des vitrines ne parvient pas,aujourd’hui encore, à prévenir sa communication. »

Felwine Sarr, coauteur du rapport sur la restitution des oeuvres dart africain, voit dans le retour de ces objets puissants, qui dévoilent la place de linvisible dans le visible, une chance pou rééquilibrer les relations entre l’Occident et l’Afrique. Ces propos nous ont fait réfléchir sur la complexité de cette tâche.

Mars  Vous pouvez lire le compte-rendu en cliquant dans le rectangle bleu ou en téléchargeant le PDF en bas de cette page. Pas de réunion en avril à cause des vacances de printemps. 

Quoi de neuf dans les galeries du Marais ?

C’était notre première réunion en visio-conférence mise sous le signe de click & collect. Désormais connectés à fond, arts et spectacles continuent et des brins de culture poussent partout. Il y avait donc de la matière à collecter comme auprès du Printemps de poètes, qui, réinventé en numérique, égrenait le thème du désir.

Mais au fait, nous avons constaté le désir de nous ruer vers les galeries, havre de culture vivante : se promener au coeur du Marais dans lilôt des anciennes casernes des Minimes réhabilitées. Continuer pour engager un voyage à travers la Chine. Un demi siècle de transformations profondes de ce pays immense, prises en photo par Marc Riboud ( 1923 - 2016 ) à la galerie Polka, rue Saint Gilles. S’étonner devant les toiles blanches censées contenir la perception de l’invisible de René Guiffrey ( 82 ans ) chez ETC, rue Saint Claude. Dévier vers Loeve & Co, rue des Beaux arts : Les Années bidonville de Jürg Kreienbühl ( 1932 - 2007 ). La banlieue parisienne, la Zone, observée et restituée avec minutie et empathie pendant vingt ans de 1956 à 1981. Et encore d’autres lieux, d’autres thèmes illustrés en projetant photos et images sur les écrans partagés.

De fil en aiguille, nous avons rencontré la photographe Sabine Weiss. On dit d’elle qu’elle est l’une des très grandes photographes humanistes, dernière représentante de ce courant français, telle que Robert Doisneau et Willy Ronis. A 96 ans, après une vie de voyages et de rencontres partout dans le monde, elle se considère comme un photographe complet pour qui faire des images est un bonheur, une nécessité même.

Au bout du passage des Marais, rue Legouvé, Les Douches La Galerie a présenté Sous le soleil de la vie, une sélection de tirages puisés dans ses archives. Munie de sa Rolleiflex, elle a capté latmosphère dun Paris populaire et pittoresque : les rues peuplées de petites gens absorbés dans leur vie quotidienne. Des clichés pris sur le vif, gardant vivant ce qui va disparaître. Avec une apparente simplicité, elle plante une atmosphère juste, travaille avec la lumière du jour, se sert de toutes les sources d’éclairages. Paris années 1950 : La sortie du métro, mouvement, dynamisme, suspens, et tant pis si c’est flou. L’homme allumant sa cigarette, avec sa caméra elle ramasse le halo d’un lampadaire, les silhouettes tamisées par le brouillard. Les reflets, trois hommes dans une flaque d’eau. Bois de Boulogne, une petite histoire d’amour, servie tendrement par un cadrage subtil.

Née en 1924 côté suisse, franchir les frontières, aller voir ailleurs, elle le fera toute sa vie. Elle a fait des milliers de clichés, réalisé des reportages, des photos de mode, des portraits de célébrités et d’artistes, des pages de publicité pour des titres prestigieux de la presse internationale dont Vogue. Mais ce sont les photos intimistes glanées en marge des ses commandes qui comptent. Tous ces visages croisés, ces solitudes, ces regards, ces baisers recueillis dans les rues de New York ou Naples, dans des villages de la Bulgarie jusqu’en Birmanie.

Et puis, il y a le livre : émotions ( Editions de la Marinière, octobre 2020 ). Ce môme, peut-être l’un de ceux du terrain vague de la porte de Saint Cloud . Elle y allait souvent. C’était leur jeu. L’enfant et la photographe curieux l’un de l’autre. Elle aimait prendre en photo les enfants, les vieux, les amoureux, les paumés, les solitaires, les petites gens dici et dailleurs. Aujourd’hui, on dirait les invisibles. Le livre en déborde.

Pour elle «photographier une personne, c’est la faire exister dans cet instant d’échange ».

Thèmes des réunions passées ci-dessous

2021

Le CR de la réunion du 19 janvier d’Actualités culturelles "Grand Culture Bazar"est à télécharger en PDF / PJ en bas de page. 

2020

15 septembre : La Force du dessin Collection Prat, Exposition au Petit Palais

19 mai ANNULEE pour cause sanitaire

21 avril ANNULEE pour cause sanitaire
17 mars ANNULEE pour cause sanitaire
17 janvier : Charlie Chaplin, l’homme orchestre, Exposition à la Philharmonie de Paris

2019

En 2019 :

17 décembre ANNULEE pour cause de grèves La fabrique du geste, Hans Hartung, Exposition au MAM Musée d’Art Moderne de Paris
19 novembre : Toulouse-Lautrec : résolument moderne, Exposition au Grand Palais
15 octobre : De Reynolds à Turner, L’âge d’or de la peinture anglaise, Exposition au Musée du Luxembourg
17 septembre : BACK SIDE : Dos à la Mode, Exposition au Musée Bourdelle
18 juin : Dialogues inattendus : Claude Monet - Gérard FromangerExposition au musée Marmottan
21 mai : Jeunes artistes en Europe : Les Métamorphoses, Exposition à la Fondation Cartier pour l’art contemporain
16 avril : Hammershoi - le maitre de la peinture danoise, Exposition au musée Jacquemart-André
19 mars : Ellsworth Kelly - Fenêtres, Exposition au Centre Pompidou
19 février : Jean-Jacques Lequeu - Bâtisseur de fantasmes, Exposition au Petit Palais
15 janvier Géométries Sud : du Mexique à la Terre de Feu, Exposition à la Fondation Cartier pour l’art  contemporain.

2018

18 décembre : Exposition de la photographe Martine Franck à la Fondation Henri Cartier-Bresson
20 novembre : MIRO, exposition au Grand Palais.
16 octobre : PICASSO, bleu et rose. Exposition au musée d’Orsay.
18 septembre : L’associé silencieux. Regards sur les cadres. Exposition-dossier au musée du Louvre
19 juin : "Une de nos membres, grande voyageuse, est partie découvrir la Perse au coeur de l’Iran. Voici en raccourci une plongée dans son histoire riche et contrastée..."
15 mai : KUPKA - pionnier de l’abstraction au grand Palais.
20 mars : Sheila HICKS - Lignes de vie, au Centre Pompidou.
16 janvier : Fortuny, un Espagnol à Venise au Palais Galliera.

Pour lire les compte-rendus, vous pouvez télécharger les PDF / PJ en bas de page.

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