Aller au contenu principal

LE MOT DE MARTINE GRUERE

Martine Gruère

Octobre 2026
LE MUR DEMOGRAPHIQUE
« Le mur démographique » ? C’est la nouvelle façon de nous présenter ou représenter dans des colloques, des médias, nous les vieilles et les vieux trop nombreux aujourd’hui et beaucoup trop nombreux demain.
Nous nous savions déjà « la catastrophe économique ». Est-ce mieux ? Est-ce pire d’être un mur ? Un mur large et long, peut-être infranchissable, puisque nous sommes des millions de briques à le constituer…
Et nous, les briques, les pierres ou les parpaings, nous le mur, qu’en pensons-nous ? Sommes-nous d’ailleurs des êtres pensants ? Sommes-nous encore des personnes entières ? Des individus si différents les uns des autres ? Chacun dans sa vie, son histoire, ses responsabilités, ses capacités et ses incapacités… Non, bien sûr. Si tel était le cas le mur tomberait… 

[lire le texte intégral ici]

LE MUR DEMOGRAPHIQUE

« Le mur démographique » ? C’est la nouvelle façon de nous présenter ou représenter dans des colloques, des médias, nous les vieilles et les vieux trop nombreux aujourd’hui et beaucoup trop nombreux demain.

Nous nous savions déjà « la catastrophe économique ». Est-ce mieux ? Est-ce pire d’être un mur ? Un mur large et long, peut-être infranchissable, puisque nous sommes des millions de briques à le constituer…

Et nous, les briques, les pierres ou les parpaings, nous le mur, qu’en pensons-nous ? Sommes-nous d’ailleurs des êtres pensants ? Sommes-nous encore des personnes entières ? Des individus si différents les uns des autres ? Chacun dans sa vie, son histoire, ses responsabilités, ses capacités et ses incapacités… Non, bien sûr. Si tel était le cas le mur tomberait… Nous sommes des chiffres qui rapportent un peu par les emplois que nous justifions, par nos consommations - en particulier de soins - mais qui coûtent beaucoup trop -en particulier du fait de nos pensions et des soins dont nous avons besoin, dont à un moment notre vie peut dépendre…

Que faire ? Que dire ? Comment réagir face à ce défi que nous représentons et qui nous touche tous quels que soient nos âges, des plus âgés aux plus jeunes ainsi que les générations à venir, nous le savons.

Nous sommes tous innocents : avons-nous « choisi » de naître après 1945 -ou peu avant - , dans l’euphorie de l’après-guerre mondiale, avons-nous choisi de bénéficier « outrageusement » des années prospères qui s’en sont suivies, de la paix, de la croyance dans « les progrès » quels qu’ils soient, sans voir ou savoir les questions que cela suscitait ? Non et oui. Certains ont tenté d’alerter mais les entendre a pris du temps.

Nous savons aujourd’hui que nous sommes tous responsables, tous co-responsables de ce qui nous arrive à chacun et à tous.

La première tentation, la première proposition est d’accuser l’Etat. C’est simple et facile… et cela nous allège. Nous nous retrouvons innocents, juste accusant.

C’est la faute de l’Etat, de ceux qui nous ont gouvernés hier et aujourd’hui. C’est à lui, à eux, de nous sauver demain. Il suffit que les postulants actuels à la Présidence inventent/annoncent le bon moyen indolore pour nous les citoyens de résoudre tous nos problèmes et ceux de notre Société, et nous voterons pour eux 

« L’Etat » est devenu la maman - nounou qui comme lorsque nous étions de petits enfants doit nous protéger de tout, anticiper pour nous, nous garantir la meilleure vie possible. Si nous avons le moindre problème, si nous entendons parler d’un problème, c’est vers l’Etat que nous nous tournons pour lui transmettre nos inquiétudes, nos désaccords, nos peurs… Puis nous nous plaignons de sa lenteur à réagir, de son inefficacité !

Du fait de ces attentes sans limites, l’Etat est devenu obèse, à la fois trop-puissant et impuissant. Tout le monde se plaint désormais de sa bureaucratie excessive, de son coût et de son pouvoir puisque ses décisions justifient aussi bien l’augmentation sans limite de nos impôts que la dette abyssale de la France. L’Etat par les millions de règles que nous avons demandées s’immisce partout dans les moindres détails de nos vies. Que ce soit l’interdit de la consommation d’œufs frais en EHPAD ou celui du bon gâteau fabriqué en famille pour la fête de l’école ; il devra être jeté parce que de qualité incertaine et les enfants auront droit aux gâteaux industriels car « ils sont sûrs » ! 

Que faire ? que dire ? Comment réagir ? Nous en particulier, les « briques », les vieilles et vieux premiers concernés.

Assumons au mieux nos co-responsabilités, notre liberté, nos chances… Arrêtons de nous plaindre dès le moindre problème, arrêtons d’avoir peur du moindre bruit excessif, du différent de peau ou de culture… Et témoignons du beau et du bon qui nous entoure : qu’il s’agisse d’une fleur, d’un enfant souriant, d’un coucher de soleil ou de ceux et celles qui se lèvent pour nous laisser leur siège…

Nous sommes tous capables d’échanger, d’apprendre, de réfléchir… Nous sommes tous capables d’agir pour nous et autour de nous. Seuls et avec celles et ceux qui nous entourent.
Nous avons une longue expérience de la vie, nous les plus âgés ; nos souvenirs sont une aide.

Nous sommes tous co-responsables. Nous le sommes déjà. 

Pour l’environnement et le climat, nous savons préférable de consommer moins d’eau, d’électricité, de gaz ou d’essence et choisir de préférence et si possible de l’alimentation « bio », cotée « A » ou encore attentive à la rémunération des producteurs.

Pour la consommation, nous veillons à jeter le moins possible et pour certains d’entre nous à recourir aux associations qui vont réparer, remettre en état, revendre ou distribuer ce dont nous n’avons plus besoin. L’économie circulaire est accessible à tous. Les « boîtes à livres » publiques où chacun peut apporter ou emporter les livres de son choix en sont un modeste mais non négligeable exemple.

Pour les soins ? Pourquoi ne pas les refuser quand nous les croyons inutiles ? Pourquoi ne pas être attentifs aux tarifs parfois excessifs qui nous sont proposés ?

Pour la Culture, pour notre besoin vital de relations humaines et de respect de chacun quelques soient ses croyances, ce sont nos biens les plus précieux, à nous d’en être co-responsables. A nous de les assumer comme nous le pouvons et de les promouvoir…

Déjà concernés, attentifs et impliqués dans la Société, nous Citoyens âgés, je propose que nous témoignions de nos actes responsables « déjà là » et que nous nous engagions ensemble dans la recherche d’implications plus utiles à tous et à notre Société, elle en a besoin…

 

 

Juin 2026
TOUT LE MONDE EST QUELQU'UN

Engagée à OLD’UP en tant que Vice-Présidente peu après la création de l’association mais impliquée surtout à partir de 2017 – lorsque mon activité professionnelle a pris fin – j’ai beaucoup appris grâce aux membres anciens et plus récents de OLD’UP ainsi que grâce à mon immersion progressive dans un certain nombre de ses actions… Je crois, j’espère aujourd’hui pouvoir présenter, représenter, animer et contribuer aux engagements de OLD’UP en tant que Présidente de l’association.

[lire le texte intégral ici...]

Engagée à OLD’UP en tant que Vice-Présidente peu après la création de l’association mais impliquée surtout à partir de 2017 – lorsque mon activité professionnelle a pris fin – j’ai beaucoup appris grâce aux membres anciens et plus récents de OLD’UP ainsi que grâce à mon immersion progressive dans un certain nombre de ses actions… Je crois, j’espère aujourd’hui pouvoir présenter, représenter, animer et contribuer aux engagements de OLD’UP en tant que Présidente de l’association.

Depuis que j’ai pu le formuler, ma conviction de base est que « tout le monde est quelqu’un », indépendamment de son âge, sa vie et la catégorie de la population à laquelle on appartient. Après avoir travaillé avec et pour des bébés, des adolescents, des parents, des personnes handicapées, des professionnels du champ éducatif et social puis en fin de carrière côtoyé un très grand nombre d’associations innovantes et face à elles des très généreux donateurs. C’est véritablement à OLD’UP – et dans ma vie – que j’ai réfléchi et commencé à apprendre ce que signifie « vieillir ». Une découverte sans fin, passionnante et stimulante. Signifiante pour chacun d’entre nous et aussi pour la façon dont cette étape est connue et reconnue ou peu, ou pas, dans notre société.
Notre Société est centrée sur « les actifs », ceux qui travaillent et produisent de la richesse – c’est indispensable. Aussi, le choix de OLD’UP de s’assumer comme une association ne regroupant que des Vieux, résonne comme un défi.  Nous représentons près de 25% de la population et plus de deux générations mais nous sommes d’abord un sujet d’inquiétude abordé en termes de coûts (retraite et soins…)                         
A OLD’UP, par nos partages, nos réflexions, nos recherches, nos enquêtes, nos publications… nous montrons et démontrons l’autre versant : nos contributions multiples, nos engagements, notre utilité sociale mais aussi notre plaisir à vivre, le bien que nous faisons et pouvons faire à la société, quels que soient nos âges.

Certaines, certains d’entre vous me connaissent, je suis prête à mettre qui je suis – mes forces plutôt que mes faiblesses – dans la présidence de OLD’UP avec les objectifs de :

-    Prendre en compte les besoins de chacun de s’exprimer, de partager des idées et des émotions dans le cadre de groupes de paroles et d’ateliers animés par des adhérents. OLD’UP est un lieu où chaque membre peut s’épanouir dans la qualité et la richesse des échanges. C’est un lieu où s’inventent et se créent des amitiés. C’est un lieu où l’on tente de « parler vrai » pour soi et pour les autres en toute modestie.

-    « Donner du sens et de l’utilité à l’allongement de la vie ». Continuer à découvrir et à apprendre, s’engager dans des projets novateurs, contribuer à des recherches, des publications, devenir Représentant des Usagers, devenir animateur d’un groupe… OLD’UP ouvre à des engagements.

-    Faire entendre « Rien pour nous sans nous ». Inciter à nous écouter et nous prendre en compte tant à titre individuel « Le Vieux est une personne » – faut-il le rappeler ? – que « pour le bien de tous », avec nos différences et nos apports.  C’est une proposition positive qu’il faut alimenter par nos témoignages, nos actions et réflexions, nos ouvertures, nos interrogations. C’est ce qui anime l’essentiel de nos travaux, nos publications et nos interventions.

-    Aboutir à une plus juste place de nos âges dans la société actuelle. Nos enjeux ne sont pas les mêmes que ceux des actifs, mais ils peuvent être complémentaires. Nous avons la chance de disposer de temps pour accueillir le Monde dans toutes ses dimensions : humaines, culturelles, spirituelles…

OLD’UP est une petite association porteuse d’un incroyable dynamisme et d’une utopie positive.
C’est ensemble que nous créons notre association, que nous l’inventons et la développons.
Cette pratique démocratique à tous niveaux de notre association fait sa force

En tant que Présidente, je veillerai « avec vous » à poursuivre ce chemin – parfois difficile – de liens, de réflexions et questions partagées, de témoignages pour soi et pour tous ceux qui en seraient preneurs. Je veillerai à maintenir l’originalité et la créativité de OLD’UP, sa souplesse et ses convictions.